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Mer, novembre

Bénin / Présidentielle de 2021 : Bio Tchané prend l’envol, Koupaki s’isole

Politique
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La présidentielle de 2021 est encore loin. Mais certains candidats potentiels et sérieux prétendants à la succession, à l’instar d’Abdoulaye Bio Tchané, ménagent déjà leur monture.  Au même moment, son principal rival au gouvernement, Pascal Irenée Koupaki, manque à l’appel. Une posture qui permet à Tchané de prendre le large, dans une course où le chef de l'Etat, Patrice Talon lui-même n'est pas encore écarté.

Plus l’on avance vers la prochaine présidentielle, plus Abdoulaye Bio Tchané affûte ses armes. La semaine écoulée, le précurseur de Tabatitaba ( son slogan de campagne) s’est lancé dans une tournée gouvernementale dans le grand Nord. Plusieurs communes ont été sillonnées pour vanter le Programme d’action du gouvernement (Pag) et rassurer les populations quant au constant souci de l'exécutif d’œuvrer à leur mieux-être. Si cette campagne entre en ligne droite de la dynamique gouvernementale annoncée par Patrice Talon le 8 avril dernier, elle n’en demeure pas moins une aubaine saisie par le 4ème à la dernière présidentielle de 2016. L'on a même entendu un élu du peuple de la région faire un subtil appel de pied aux populations dans la perspective de la présidentielle de 2021.

L’on note en tout cas une constante dans la méthode Tchané. L’homme a déjà organisé un congrès de son parti après la présidentielle et se montre fréquent dans les médias. Les moindres actions du gouvernement à mettre à son actif sont systématiquement relayées sur sa page Facebook. Il n’y a pas longtemps, c’est un jeune leader de l’écurie Tchané qui est allé expliquer les actions du gouvernement et réaffirmer l’ancrage de l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt) au sein du régime Talon. Erreur politique ou pari gagnant sur l’avenir, Abdoulaye Bio Tchané s’est même permis, au nom de sa loyauté à Patrice Talon, de se séparer de pièces maîtresses de sa petite machine, qui se sont offert quelque liberté vis-à-vis du régime. L’un des deux députés du parti en a fait les frais.

En somme, le probable candidat à la prochaine présidentielle, sait mieux que quiconque que c’est maintenant qu’il faut prendre ses marques. Point n’est besoin de souligner qu’en tant que ministre d’Etat chargé du plan, il dispose d’une marge de manœuvre pour positionner ses éléments dans l’appareil pour en tirer des dividendes le moment venu.

Mais a contrario, son principal challenger au gouvernement, répond jusque-là, les abonnés absents. Pascal Irenée Koupaki aurait-il déjà jeté les armes ?

Déjà très limité par un portefeuille sans grande possibilité de déploiement, le précurseur de la nouvelle conscience pèche surtout par son effacement sur la scène politique, en dépit du mot d’ordre général donné par le chef de l’Etat. Comme une malheureuse coïncidence, le changement de paradigme communicationnel l’a également amputé de l’exercice qui lui permet, jusque-là, une apparition dans les médias : le fameux point de presse post conseil des ministres désormais jeté au placard.

Le probable candidat à la présidentielle retombe ainsi fatalement dans sa posture sous Boni Yayi. Une posture de technocrate froid, bourreau du travail certes, mais totalement introuvable sur le terrain politique. Ce qui semble curieux, c’est que l’ex premier ministre de Boni Yayi a déjà mouillé le maillot politique à la dernière présidentielle, et devrait en mesurer la portée.

C’est à croire que Pascal Koupaki a une baguette magique pour remobiliser sa troupe. Les prochains mois nous édifieront.

Bruno O. OTEGBEYE / beninmondeinfos.com

  

 

 

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