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Mer, novembre

Présidentielle 2016 : Comment Patrice Talon a piégé la classe politique

Politique
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A deux mois du premier tour  de l’élection présidentielle au Bénin, l’horizon n’a jamais été aussi flou. Et pour cause, la classe politique,  piégée par l’homme d’affaires Patrice Talon,  peine à retrouver ses repères; des repères brouillés par l'homme qui a fait de son différend personnel avec Boni Yayi, une question d’intérêt national. Le vrai faux combat contre la révision de la constitution est terminé et le bailleur espéré s’est mué en candidat "potentiel". Pas beaucoup de choix pour l’opposition : s’aligner ou disparaître. Là, se trouve le piège !

Les trois dernières années du second mandat de Boni Yayi à la tête du Bénin, ont été marquées par des crises à répétition au point où le navire Bénin a sérieusement tangué. Le bras de fer entre Boni Yayi et son ancien compagnon s’est aggravé au point de frôler l’animosité. Les positions se sont radicalisées. Tous les moyens étaient bons pour donner du fil à retordre à cet «ami » devenu dangereux. La recette est toute trouvée : Faire de ce combat personnel une lutte pour la préservation des acquis démocratiques. Pour une telle cause, personne ne saurait manquer à l’appel. Comme un seul homme, toute l’opposition s’est dressée sur le chemin de Boni Yayi pour barrer la voie à son vrai-faux projet de révision de la constitution susceptible de lui offrir un troisième mandat.

 Opportunisme

 La configuration de l’opposition politique béninoise en dit long sur la suite des événements. Une classe politique qui s’est recomposée au lendemain de la dernière présidentielle qui a définitivement soldé la retraite politique à une génération d’acteurs qui ont occupé le terrain ces trois  dernières décennies. Les forces politiques qui en résultent brillent surtout par leur hétérogénéité. Tout les sépare et seul le cash pouvait les unir. Bienvenu les bailleurs !

En répondant à l’appel de Patrice Talon, les leaders de l’opposition « surfaient » bien sur le tableau de l’opportunisme. 2016 pointant à l’horizon et la question de financement constitue une équation difficile à résoudre. Se rallier à un combat de défense des acquis démocratiques avec en retour le financement de la campagne électorale, on n’est que gagnant.

 Marché de dupe

 Aussi longtemps que dure la nuit, le jour finit par paraître. Le bras de fer n’a pas échappé à la règle. Plus un secret pour personne aujourd’hui que Boni Yayi ne sera pas candidat  à la prochaine présidentielle. Les canons se sont tus et chaque camp compte ses points. Si l’homme d’affaires semble s’en tirer avec un succès en demi-teinte, il n’en est pas de même pour ses alliés circonstanciels qui semblent avoir laissé des plumes. Même les plus irréductibles n’y ont pas échappé. Sinon, qui pouvait penser que des personnalités comme l’ancien président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago, ou encore l’ex Directeur de Cabinet militaire de Boni Yayi, le Général Robert Gbian, allaient tourner dos à leur mentor ! La tentation fut forte, mais à l’arrivée, ces personnalités sont désabusées. Pas d’assise politique, encore moins de vision politique voire  de moyens  financiers pour en asseoir une. Et pendant qu’ils en espéraient, ils découvrent que l’homme d’affaires n’est plus prêt à jouer le second rôle. C’est désormais lui-même qui prend les devants. Il veut aller lui même "au charbon". Nos acteurs politiques n’ont que leurs yeux pour pleurer. Ils viennent d’être dupés; le peuple avec...

 L’impact de ce marché de dupe, c’est qu’aucun membre de l’opposition n’a réussi à émerger et à se mettre en pôle position pour les prochaines échéances électorales. Pendant ce temps, le Président sortant déroule son plan en positionnant son joker; un autre acteur de la finance internationale. Et comme si l'homme providentiel ne pouvait venir que du monde économique, le joker présidentiel se trouve rattrapé par un autre prétendant issu du monde économique. Un troisième larron : Sébastien Adjavon. Lui peut se targuer d’être d'ci et pas d'ailleurs. Fort de son encrage national, il dit connaitre son pays, ses problèmes et ses solutions. Il dit devoir tout au Bénin qui lui a tout donné. Mais qui de l'opérateur économique d'ici ou de l'économiste  d'ailleurs aura le meilleur partage? L'avenir proche nous le dira.

 Pendant ce temps, nous sommes à deux mois de l’élection et les hommes politiques, dans leur majorité  sont inaudibles et invisibles. Fait inédit ! De toute façon c’est le prix à payer quand les partis politiques ne sont que des clubs électoraux sans idéaux et sans assise réelle.

 Intérêt, quand tu nous tiens... !

 Nana NOUDOFININ

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