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Mer, novembre

Affaire Thomas Sankara : Alassane Ouattara va-t-il extrader Blaise Compaoré à Ouaga ?

Humeur
Typographie

Déjà visé par un mandat d’arrêt international dans le cadre de l’assassinat de Thomas Sankara, le président Blaise Compaoré pourrait bientôt faire l’objet d’une demande d’extradition adressée par le Burkina Faso à son pays hôte  d’accueil, la Côte d’Ivoire. Une situation non moins embarrassante pour le Président ivoirien, Alassane Ouattara et qui ne manquera pas de lui donner quelques soucis.

Le dossier d’extradition de Blaise Compaoré  « est en train d’être monté », a annoncé ce mercredi 23 décembre 2015 le colonel Sita Sangaré, directeur de la justice militaire du Burkina Faso. Ainsi, l’ancien président déchu pourrait  « incessamment » être demandé à répondre de son implication présumée dans l’assassinat de Thomas Sankara. Montrant  que la justice militaire burkinabè prend les mesures qui s’imposent, le directeur de la justice militaire a révélé que le mandat d’arrêt émis contre Blaise Compaoré « a été notifié à l’interpol conformément aux usages et a été transmis par voie diplomatique aux autorités ivoiriennes. Il ne fait nul doute que les procédures seront encore respectées cette fois-ci. Il faut souligner que c’est la deuxième fois en moins d’une semaine que le président déchu se retrouve dans la ligne de mire de la justice militaire  de son pays. En effet, le lundi 21 décembre 2015, un mandat  d’arrêt international a été établi contre l’ex- président Compaoré. Cette imminence de demande d’extradition à son encontre montre la célérité avec laquelle les autorités burkinabè veulent  « gérer » cette affaire vielle de 28 ans. Par conséquent, l’étau se resserre davantage contre l’ex-homme fort de Ouagadougou qui pourrait se retrouver dans de « beaux draps ».

Probable refus ……

Alassane Ouattara, hôte du président déchu depuis son renversement par la rue le 31 octobre 2014 pourrait refuser de livrer son  « ami » à la justice militaire burkinabè selon le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, commissaire du gouvernement. Le prétexte serait  « la peine de mort » requise par le code pénal burkinabè  pour le cas de complicité d’assassinat, selon  ce responsable cité par Jeune Afrique. Mais ceci ne serait qu’un alibi, l’arbre qui cache la forêt. Les motifs de ce probable refus sont ailleurs. D’abord, la complicité et le rôle très actif de Blaise Compaoré depuis la genèse de l’ex-rébellion ivoirienne des forces nouvelles jusqu’à l’accession au pouvoir de l’actuel président de la Côte d’Ivoire est un secret de polichinelle. Ce serait alors une ingratitude de la part du président hôte d’abandonner un « ami » aux mains de ses « ennemis ». A cela s’ajoute une seconde réalité. Les origines burkinabè de Alassane Ouattara sont connues de plus d’un. Cette réalité  qui s’ajoute à la première, renforce les liens de fraternité entre les deux complices. Il serait absurde, au vu de l’hospitalité légendaire africaine, de  livrer son  « visiteur et frère » à des détracteurs. Mais ce faisant, le président Ouattara risque de s’attirer beaucoup d’ennuis, non seulement de la part des dirigeants burkinabè, mais aussi et surtout de ses pairs de la sous-région qui  voudraient voir le feuilleton Blaise définitivement terminé. Il est de toute évidence que Blaise Compaoré n’est pas le seul à se faire de soucis mais aussi son « hébergeur » en la personne d’Alassane Ouattara. Livrer ou ne pas livrer ? C’est là la question.

 Christophe SESSOU

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