23
Mar, mai

Bénin / Eglise de Gbanamè : Une bombe sociale silencieuse ?

Politique
Typographie

L'église de Gbanamè née d'un schisme avec l'église catholique et sise à Banamè, département du Zou, fait fréquemment l’objet de polémiques. Accusée à tort ou à raison de provocation, l’église de Gbanamè est régulièrement prise à partie, au prix de vives tensions sociales. Une situation potentiellement explosive, au regard de la sensibilité des croyances religieuses sur toute la planète.

Dimanche dernier, c’est à Djimè, terre du roi Béhanzin, que de nouvelles hostilités ont été déclenchées, entre adeptes de Banamè, et la famille royale épaulée par des dignitaires vodou. Selon nos recoupements, tout serait parti de propos jugés outrageux portés à l’encontre du roi Béhanzin et d’autres rois d’Abomey, par les fidèles de Gbanamè. Faux, rétorquent les plus hauts responsables de l'église de Gbanamè. Les altercations entre les deux camps ont été meurtrières. Bilan des affrontements : deux morts et des blessés.

Si le calme semble revenir pour l’instant, les deux parties sont loin d’avoir dit leur dernier mot. Menaces et invectives circulent sur les réseaux sociaux, preuve que chaque camp garde toujours un doigt sur la gâchette, prête à dégainer à la moindre incartade.

En réalité, l’incident de Djimè est loin d’être un fait isolé. Il y a quelques mois, ce sont des fidèles de l’Eglise catholique qui ont vécu la même scène sur plusieurs points du territoire avec les fidèles de Gbanamè, pratiquement pour les mêmes raisons. Point n’est besoin de rappeler la guerre froide entre l’Eglise catholique et l’église de Gbanamè, accusée d’imposture.

La résurgence de ces tensions est la preuve que la cohabitation avec l’église de Gbanamè devient de plus en plus une épreuve pour les autres croyances religieuses. Une situation potentiellement explosive qui devrait interpeller les autorités politiques et administratives. Curieusement, le dernier incident qui s’est soldé par des pertes en vies humaines n’a nullement ébranlé le mutisme des pouvoirs publics, pourtant garants de l’ordre public. Sous le régime précédent, la tension était devenue si intenable que l’ex chef de l’Etat Boni Yayi avait dû taper du poing sur la table, rappelant à l’église de Gbanamè, ses obligations de souscrire aux dispositions républicaines.

Vivement que les nouvelles autorités prennent à temps leurs responsabilités, pour éviter au Bénin, toute déflagration interreligieuse dont nul n’ignore la dangerosité.

Bruno O. OTEGBEYE

Annonce

Nous suivre

Inscrivez-vous gratuitement à notre liste de diffusion et soyez notifié dès qu'une nouvelle information arrive.