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Mar, octobre

Bénin : Un député dénonce des conflits d’intérêts au sommet de l’Etat

Politique
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Le député Valentin Djènontin Agossou, invité ce dimanche 08 octobre de l'émission "90 minutes pour convaincre" sur la Radio nationale, a dénoncé des conflits d’intérêts au sommet de l’Etat. De son avis, cette collusion est entretenue par les dignitaires de l’actuel régime en violation de la Constitution du 11 décembre 1990.

Les conflits d’intérêts au sommet de l’Etat sont « du jamais vu » au Bénin, décrie le député Valentin Djènontin sur les ondes de la Radio nationale ce dimanche. Reprenant une partie de la dernière déclaration de la minorité parlementaire, dont il est membre, l’élu de la 6ème circonscription électorale a fait savoir que parmi les conflits d’intérêts les plus criards figure le « Programme de vérification des importations (PVI) ».

A l’en croire, les chefs d’entreprises tapis dans l’entourage immédiat du président de la République, sont ceux qui obtiennent plus de marchés publics notamment par le gré à gré ; tout ceci, selon lui, en violation de la Constitution du 11 décembre 1990.

Rappelons que, entre autres, l’article 52 de la loi fondamentale stipule : « durant leurs fonctions, le président de la République et les membres du gouvernement ne peuvent par eux-mêmes, ni par intermédiaire rien acheter ou prendre en bail qui appartienne au domaine de l'Etat, sans autorisation préalable de la Cour constitutionnelle dans les conditions fixées par la loi. Ils sont tenus, lors de leur entrée en fonction et à la fin de celle-ci, de faire sur l'honneur une déclaration écrite de tous leurs biens et patrimoine adressée à la Chambre des Comptes de la Cour suprême. Ils ne peuvent prendre part aux marchés de fournitures et aux adjudications pour les administrations ou institutions relevant de l'Etat ou soumises à leur contrôle ».

Des projets de lois transformés en propositions de lois

« Ça gêne ! », s'indigne Valentin Djènontin. Même si « des projets de lois doivent être transformés en propositions de lois, si l’on prenait le temps de faire le travail correctement, cela n’aurait pas gêné », explique l'ancien garde des sceaux.

Il affirme ne pas être contre la pratique et les séances d’imprégnation qui sont organisées par la suite mais « cela ne doit pas être fait sur des textes qui ne sont pas encore réceptionnés officiellement par l’Assemblée nationale… On organise des séances d’imprégnation sur des textes qui sont déjà en études à la plénière et dont le risque de rejet est fort… et non pour des textes qui n’ont même pas encore été réceptionnés officiellement. Ce n’est pas dans la pratique parlementaire ; c’est gênant ! », s'exclame le député membre de la minorité parlementaire. Il s'agit donc  pour lui d'une question de procédure foulée aux pieds.

Rappelons que plusieurs de ces propositions de lois votées par l'Assemblée nationale avaient été critiquées aussi bien par les syndicalistes que des juristes. La loi sur les collaborateurs extérieurs est un exemple parmi tant d'autres.

Ariel GBAGUIDI / beninmondeinfos.com

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