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Sam, novembre

Bénin : Une nouvelle équipe gouvernementale, des défis intacts

Politique
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Le président Patrice Talon, a remanié, son équipe gouvernementale, ce 27 octobre 2017. Si ce nouveau Gouvernement  permet au Chef de l’Etat de roder sa machine, il reste néanmoins une source de curiosité par sa simplicité et sa capacité à relever les grands défis du quinquennat.

22 ministres contre 21 dans le précédent,  neuf (09) nouvelles entrées pour cinq départs et 02 postes vacants pourvus, le nouveau Gouvernement du président Talon, dix-huit mois après son avènement au pouvoir, ressemble fort bien à un réaménagement technique qu’à un remaniement en profondeur.

L’exercice à vrai dire n’aura pas donné de céphalées au compétiteur-né parce qu’il s’est agi pour lui avant tout de biffer de la liste les trois ministres venant de l’écurie Ajavon ( Delphin Koudandé, Raphiatou Morou et Lucien Kokou), de pourvoir à leurs remplacements, de boucher 02 portefeuilles restés vacants suite à une démission et à un limogeage, de sanctionner deux de ses ministres notamment Lazare Sèhoueto et Ange N’Koué qui ne lui auraient pas donné satisfaction.

 La suite a été donc aisée pour Patrice Talon. Pourvoir au remplacement des trois ministres Ajavon et à deux portefeuilles restés sans titulaires, remplacer Lazare Sèhoueto et Ange N’koué et opérer quelques rééquilibrages pour être dans l’air du temps avec un marqueur sur le social qui lui permet de soigner sa réputation de ce côté-là.

Une équipe de continuité

Les Béninois qui s’attendaient à voir une équipe gouvernementale qui leur fasse rêver devront prendre encore leur mal en patience. Les nouveaux ministres leur sont  tous familiers ou presque. Si  deux ( Modeste Kerekou et Gaston Dossouhoui ) des huit nouveaux ministres avaient déjà eu le privilège de siéger dans un Gouvernement de Boni YAYI , les six autres ne sont pas des technocrates qui forcent d’emblée l’admiration ou  suscitent l’intérêt. Vu de ce point de vue, la nouvelle recrue de l’équipe gouvernementale n’est pas tout feu tout flamme.  

Serge Ahissou à l’Industrie et au Commerce, Kakpo Mahougnon à l’Enseignement secondaire, Sam Séidou Adambi à l'Eau et aux Mines,  Aurélie Adam Soulé à l’Economie numérique et Bintou Chabi Adam aux Affaires sociales et à la Microfinance,  ou encore Fortuné Nouatin à la Défense et Cyr Kotin aux Transports et aux infrastructures portuaires, les Béninois croisent bien les doigts et attendent de voir chacune des nouvelles recrues à l’œuvre. Les défis sont connus : Mobiliser près de 10 mille milliards pour la réalisation du programme quinquennal du Gouvernement ( 2016-2021). Les ministres changent, les défis demeurent.

Globalement, Patrice Talon affiche dans cette nouvelle équipe gouvernementale, son souci de contrôler certaines citadelles mais aussi de corriger ce qui est apparu jusqu’à ce jour comme son talon d’achille : le social. Avec deux portefeuilles consacrés désormais à ce volet, l’exécutif compte séduire à travers la microfinance les femmes et par le ministère dédié à l’emploi, la jeunesse.

Dans la nouvelle galaxie gouvernementale, des ministres comme Abdoulaye Bio Tchané, Joseph Djogbenou, Aurelien Agbenonci, Romuald Wadagny ,  Sacca Lafia et José Didier Tonato font figure de Tour de contrôle ou d'hommes de main du président de la république.

Même si son portefeuille n’est pas logé dans l’enseigne des ministères régaliens et de souveraineté, le jeune Oswald Homeky  en charge désormais du Tourisme et des sports, prend un nouveau grade avec un portefeuille consolidé. Il figure sur la short-list des hommes du Président.

Sans être une équipe à fort dosage de technocrates encore moins de celle d’une armée de  guerriers, ce deuxième gouvernement du président Talon  recèle un mystère  que seul le temps permettra de découvrir.

La seule curiosité de ce remaniement ministériel, reste toutefois  Pascal Irené Koupaki  dont le décret  de confirmation,  à son poste de ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République,  a dû être détaché de l’équipe des 22. L’ancien premier ministre de Boni YAYI passerait ainsi de la lumière à l’ombre.

Bernadin MONGADJI

 

 

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