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Mar, octobre

Bénin / Déguerpissement : Chassé-croisé entre les sinistrés et Toboula à Cotonou

Société
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L'opération de déguerpissent manu militari démarrée par le préfet du Littoral Modeste Toboula continue de faire des vagues. Si les bulldozers réussissent facilement à démolir les installations des bonnes dames et autres petits commerçants, le préfet du Littoral et sa troupe doivent faire face à des implantations à la sauvette qui limitent l'efficacité de l'opération. 

 

Le préfet du Littoral ne cache pas sa détermination à mener jusqu'au bout, à l'échelle de son ressort territorial, l'opération de déguerpissement initiée par le gouvernement pour assainir le cadre de vie au Bénin. Depuis le 4 janvier dernier, une impressionnante armada de bulldozers et autres gros engins sèment la terreur dans les rangs des petits commerçants, semant derrière eux un vaste champ de ruine, sous le regard soulagé d'un préfet adepte des méthodes fortes. Mais là ou le bât blesse, c'est que la tâche s'annonce ardue pour l'autorité et ses éléments qui doivent désormais faire face à des installations mobiles, dans un combat asymétrique qui est loin d'être à l'avantage de la force publique. Sur tous les trottoirs les soirs, vendeuses de toutes sortes s'alignent pour vaquer allègrement à leurs petits commerces, refusant le fait accompli. Leur simple infrastructure se limite désormais à de simples parasols, et accessoirement des tabourets et autres petites tables. Du coup, les forces de l'ordre, incapables de se transformer en gendarme derrière chaque citoyen, ont très peu de chances de réussir à maîtriser la situation. Plus anecdotique, le cas des vendeurs de carburant qui installent leurs traditionnels bidons à la sauvette, reste un casse-tête pour les autorités. Impassibles aux menaces du ministre de l'intérieur et du préfet Toboula, ces derniers vaquent allègrement à leurs occupations, au vu et au su de tout le monde.

En réalité, les populations, qui doivent pour la plupart leur survie à ces installations de fortune, ne reculeront devant rien pour gagner leur pain quotidien. Un véritable casse-tête chinois pour les autorités qui doivent bien assimiler l'adage populaire selon lequel "Ventre affamé n'a point d'oreilles"

Bruno O. OTEGBEYE 

 

 

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