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Dim, octobre

Bénin / Gestion des sachets toxiques : Les populations entre le marteau et l’enclume

Société
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L’utilisation des sachets plastiques non biodégradables impacte négativement la santé des populations et l’environnement. Les faits sont probants et les menaces sont réelles, pourtant les autorités béninoises refusent d’agir au nom de leurs intérêts égoïstes, et avec la complicité active des partenaires au développement. Evidemment, les premières personnes à souffrir de cette indifférence, sont les populations.

A Cotonou comme un peu partout dans les villes du Bénin, l’usage des sachets plastiques est monnaie courante. Il n’y a pas ce jour où articles et repas ne sont pas servis dans les sachets toxiques, et les déchets ménagers bourrés de cette matière à haut risque qui met 400 à 600 ans avant de se décomposer.

Selon les scientifiques, l’usage des sachets plastiques non biodégradables a des effets pervers, aussi bien, sur la santé que l’environnement. Pour le premier cas, le Bisphénol A et les phtalates, produits chimiques présents dans les plastiques, montrent que ces derniers peuvent causer des maladies tel que le cancer. Pour le second cas, les sachets plastiques qui ne sont pas recyclés, finissent souvent par rejeter dans l’océan et tuent progressivement les espèces marines et la flore.

A en croire les environnementalistes, plus d’un million d’oiseaux marins et plus de 100.000 mammifères marins meurent chaque année à cause de l’ingestion de débris plastiques, comme par exemple les tortues qui confondent les méduses aux sacs plastiques. Cela bouleverse la chaîne alimentaire. Leur incinération produit du gaz carbonique et de la vapeur d’eau, principaux gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique. Il y a donc de quoi se débarrasser de ses contenants, qui n’ont rien pour plaire à qui que ce soit.

La loi dans le placard du parlement

Selon nos investigations, deux à trois versions de propositions de loi sur les sachets plastiques séjournent à l’Assemblée nationale depuis plus d'une dizaine d’année pour la plus vieille. La récente, agitée dans la presse et ayant fait objet d’atelier à Dassa-Zoumé est celle proposée par le député Jean Eudes Okoundé.

Malgré cet atelier d’imprégnation, et pour une énième fois, l’on remarque que la loi sur les sachets plastiques a du mal à être adoptée. Elle est moins importante que la loi sur le code du numérique ou encore la loi sur le recrutement des collaborateurs extérieurs. Et cela se passe au nez et à la barbe des partenaires au développement, qui ne se lassent jamais de financer les conférences, les séminaires et les ateliers pour in fine n’obtenir aucun résultat. Tout ça se fait sur le dos des contribuables américains, français ou plus largement européens.

La loi boycottée au nom des intérêts

Des témoignages recueillis, plusieurs dirigeants béninois ont leurs intérêts de façon directe ou indirecte dans la fabrication, l’importation et la commercialisation des sachets. Il est donc évident, qu’une loi sur une telle activité ne puisse pas passer à l’Assemblée nationale. Cela parait d'ailleurs normal car, aucun humain ne voudrait se trier une balle dans les pieds.

Plus proches des populations, les conseils communaux ont également la possibilité d’arrêter la saignée en prenant juste un arrêté communal pour interdire la pratique à l'instar d'un arrêté d'interdiction de marche de protestation ou de sit-in. Mais ils ne le font jamais en raison des manœuvres politiciennes et des taxes à percevoir chez les gros bonnets. Pareil pour les préfets, le ministre du cadre de vie et le président de la République, qui, à travers arrêtés ou décret peuvent mettre fin à ce crime.

Les sachets plastiques tuent les populations et détruisent l’environnement à petits feux. Et ce crime revient aux autorités béninoises et aux partenaires au développement.

Ariel GBAGUIDI / beninmondeinfos.com

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