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Mar, février

Editos populaires

Fin de règne pour l’un des derniers mohicans des dictatures les plus implacables en Afrique  de l’ouest.

Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkus Jammeh, de son nom au complet à l’état civil,  a quitté  brutalement  Banjul, ce samedi 21 janvier, après  22 ans  d’un pouvoir sans partage à la tête de la Gambie, ce petit pays incrusté dans le Sénégal. C’est en réalité l’épilogue  heureux d’un feuilleton dans lequel le despote gambien pris en chasse depuis 6 semaines par les valeureux  médiateurs des chefs d’Etat ouest-africains, avait tenté tout pour s’accrocher au pouvoir après sa débâcle électorale.

Une semaine après la volte-face spectaculaire de l’homme fort de Banjul, sorti contre toute attente du bois, alors que l’espoir d’une nouvelle  Gambie prenait corps, Yahya Jammeh semble retrouver toutes ses facultés de vil dictateur prêt à tout pour s’accrocher au pouvoir.

Le Gabon affole  l’Afrique et la communauté internationale depuis cet après-midi du 31 août 2016 où ont été  proclamés les résultats du scrutin présidentiel du 27 août. Comme en 2009, il y a sept ans, et sans la moindre pudeur, Ali Bongo a réédité « l’exploit », le lugubre exploit du hold-up électoral parfait.

Rappelé à Dieu le 14 octobre 2015 à 82 ans, le Général Mathieu KEREKOU repose,  désormais pour l’éternité,  à Natitingou, la ville natale l’ayant vu naître et qui a  accueilli ce samedi 12 décembre 2015 sa dépouille mortelle pour son ultime voyage sur la terre.

Le président Boni YAYI a en main, depuis quelques jours, les cartes pour tirer le joker qu’il alignera en tant que porte- étendard de sa majorité, à l’élection présidentielle du 28 février 2016. Sur la liste des dix candidats qui l’accompagne  désormais partout, Boni YAYI  a réussi une première simplification en obtenant  désistements et forfaits qui lui donnent une marge de manœuvre plus souple. Logiquement, sur les résidus de la liste tassée, l’équation  devrait lui  être plus soluble. A tout le moins, il n’aura à soumettre pour ses consultations  que deux noms ou trois au maximum.

La forme de régime politique la plus répandue de nos jours est la république. Sur  les 193 Etats de la planète, on dénombre 136 républiques. Ce qui témoigne de la prédominance du pouvoir républicain sur les autres formes de pouvoirs, notamment les royautés et les principautés. Par république, il convient de comprendre un régime politique ni monarchique ni impérial. C’est un régime politique où le peuple est souverain. Il va sans dire que république et démocratie restent intimement liées. Au Bénin, encore plus en cette veille de l’élection présidentielle de 2016, les  hommes politiques invoquent souvent la république, les principes  républicains, les valeurs républicaines, etc. Mais il est cependant indispensable de rappeler  le sens de ces notions ventilées par-ci et par-là par de potentiels candidats mais dont les comportements et actes, dans le processus de séduction de l’électorat, sapent à la base l’opérationnalité de la république.

 

Les propos du genre « le mankpo (entendez le pouvoir) doit revenir à la maison » ne méritent pas d’être prononcés par un candidat aspirant au pouvoir républicain. « La maison », si elle existe, du pouvoir républicain, c’est l’Etat et non la localité ou la région d’origine d’un prétendant aux fonctions suprêmes de la république. Au cas où ces propos émanent effectivement du potentiel candidat Patrice Talon, en tournée préélectorale dans sa cité « maternelle », il y a lieu de s’inquiéter. L’homme qui promet gérer autrement le pays une fois portée au palais de la Marina aura ainsi entamé sa randonnée de conquête de l’électorat par une gaffe. Il est inacceptable qu’un acteur politique, qui plus est, potentiel candidat à la magistrature suprême, tienne des propos tendant à discréditer le pouvoir républicain dans un système démocratique comme celui en cours au Bénin.

En réalité, au cours de cette dernière décennie, on a reproché au régime en place des velléités claniques, ethniques, régionalistes et ecclésiastiques dans son approche de gestion du pouvoir républicain. On a dénoncé l’instrumentalisation des garants de la tradition à des fins politiciennes. Il n’est pas imaginable qu’un candidat engagé dans la course pour la succession du chef de l’Etat actuel, dans la perspective de changer les tares notées dans la gestion du pouvoir d’Etat ces dix dernières années annonce sans retenu dans le couvent de son clan familial que « le pouvoir doit revenir à la maison ». Ces propos ne sont pas pour unir la république. Ils fragilisent davantage l’unité nationale. Ils cachent une volonté de perpétuation des privilèges particularistes au grand dam de ceux de la république. C’est une menace à peine voilée sur l’intérêt collectif. Il faut dénoncer avec véhémence des propos du genre au sein des chapelles politiques qui ambitionnent prendre les commandes en main.

En effet, la conquête du pouvoir républicain exige des acteurs politiques qu’ils soient au-dessus de la mêlée. Car il ne s’agit pas d’un pouvoir qu’il faut qu’une région arrache au détriment d’une autre, qu’une ethnie s’arroge au détriment l’autre, qu’une famille s’approprie au profit de ses intérêts, qu’un clan religieux s’attribue aux dépens des autres clans. La république est une, indivisible et laïque malgré la mosaïque de composantes qu’elle recouvre. De ce point de vue, il revient aux hommes politiques de savoir mesurer la portée de leurs propos. En tout cas, l’électeur se doit de tenir grandement compte des mots et phrases provenant des prétendants à la magistrature suprême au risque de ne pas confier la gestion du pouvoir républicain à un monarque maquillé en démocrate.

 

Marc David Molli

La transition politique au pays des hommes intègres n’a pas fini de focaliser les attentions des pays de la sous-région, du continent africain ainsi que de la communauté internationale. Le rétablissement de l’autorité  du Conseil National de Transition obtenue au forceps laisse une paix encore trop précaire pour crier victoire en espérant avoir tué cette fois-ci l’ours. Le développement de l’actualité, quelques jours seulement après la restauration des autorités de transition, ne semble pas rassurer.

La roue de l’histoire tourne. Et l’histoire finit toujours par rattraper d’une manière ou d’une autre. Cette réalité est encore plus évidente lorsqu’il s’agit de la gestion du pouvoir politique. Et la course pour la présidentielle de 2016 au Bénin semble bien en apporter la preuve avec les derniers développements de l’actualité. Depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire plusieurs mois, Patrice Talon a été  présenté comme victime du régime Yayi. Les chiens de garde  du richissime homme d’affaires au sein de la classe politique ont réussi à attirer la sympathie d’une  bonne frange de l’opinion publique par la stratégie de victimisation de leur idole exilé à Paris depuis déjà trois ans. Malgré la campagne de communication entreprise par le régime en place pour inverser la tendance, il est resté dans l’opinion cette image d’un Patrice Talon persécuté pour sa prise de position contre la révision opportuniste de la constitution susceptible d’ouvrir le chemin d’un troisième mandat à Boni Yayi. D’ailleurs, c’est le principal thème de campagne électorale forgé par une certaine classe politique opposée au pouvoir Yayi à l’occasion des élections législatives. Et la moisson fut belle puisque l’opposition a réussi un coup d’éclat en obtenant une majorité parlementaire, même si elle est étriquée.

 

 

Les législatives terminées, la machine de victimisation de Talon venait ainsi de frayer le chemin à son idole  au sein de l’arène politique. Cap est désormais mis sur la présidentielle 2016 au grand dam des potentiels candidats de l’opposition qui se voient pris de vitesse par la vague « talonnienne ».  Jusque-là, personne pour contrarier l’image de la victime Talon. Il a fallu cette sortie médiatique d’un certain Martin Rodriguez, pour opposer une antithèse à ce que l’on peut appeler la théorie  de victimisation de Talon. En fait, la victime Talon d’aujourd’hui a été le bourreau d’un autre hier. Le concurrent d’affaires de Patrice Talon dans le secteur cotonnier béninois a eu le mérite de donner un son cloche contraire à celui qu’on a jusqu’ici entendu. L’opinion publique a découvert l’autre facette de la médaille Talon grâce à l’intervention médiatique du « doyen » des exilés de ces deux dernières décennies en raison de ses déboires avec celui qui porte aujourd’hui la toge de victime du régime Yayi. Cela interpelle les uns et les autres quant à la roue de l’histoire qui tourne. La politique étant une science de la dialectique, rien n’y est statique mais tout y est dynamique. De ce fait,  on y a toujours raison pour une partie du temps mais pas tout le temps. Leçon de cette partie de bille, il faut  savoir raison garder.

 

Marc David MOLLI

Une semaine  après les  élections législatives du 26 avril  2015, les Béninois connaissent le verdict des urnes. A la vérité, il faut le reconnaître, l’attente lancinante des résultats,  les cinq premiers jours,  a donné lieu à une avalanche de spéculations suicidaires sur l’issue du scrutin avec des tendances contradictoires d’une officine politique à une autre complaisamment relayées par les médias locaux.

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