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Sam, novembre

Ali Bongo : Le hold-up électoral de trop !

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Le Gabon affole  l’Afrique et la communauté internationale depuis cet après-midi du 31 août 2016 où ont été  proclamés les résultats du scrutin présidentiel du 27 août. Comme en 2009, il y a sept ans, et sans la moindre pudeur, Ali Bongo a réédité « l’exploit », le lugubre exploit du hold-up électoral parfait.

Les Gabonais n’auront pas eu droit à la vérité des urnes  et au vrai verdict qui en est sorti. La victoire a été forcée par le "système" pour sauver le soldat Ali Bongo.  Son  principal challenger, Jean PING, désabusé, crie à tue-tête sa victoire volée dans un environnement étouffé par le vacarme des gaz lacrymogènes et de la machine de répression mise en place pour lui fermer la bouche. Pourtant, ces milliers de Gabonais tenaillés  par la soif du vrai changement et enivrés par  la  rage de fermer la parenthèse cinquantenaire du clan Bongo, avaient cru à la démocratie (pouvoir par le peuple et  pour le peuple) pour déposer enfin  l’héritier au sang controversé en lui assénant de toutes leurs forces l’estocade historique sur le trône républicain usurpé. Leurs votes ne compteront pas une fois encore et on peut dire sans être trivial qu’ils ont été « baisés » par un système mis en place à cette seule fin. Ni les protestations de Paris, ni l’appel au recomptage des suffrages exprimés lancé par l’Union européenne et  la communauté internationale n’y changeront rien. Face à l’évidence de l’échec du président sortant,  l’orfèvrerie de la fraude a été plus qu’ingénieuse pour sauver le soldat Ali. Et c’est dans le Haut-Ogooué, province natale de feu Albert Omar Bongo Ondimba que l’imposture a été perpétrée.

Alors que le taux de participation au plan national à ce scrutin fait moins de 60%, le Haut-Ogooué fait le carton plein pour Ali Bongo affolant les statistiques avec un taux de 99,93% pour la participation et 95 ,46% des suffrages exprimés pour l’enfant du terroir dont la filiation douteuse a été le point d’orgue de la campagne électorale. La fin justifie les moyens et les thuriféraires du système Bongo ont sorti le grand jeu pour préserver leur pitance. C’est le ministre de l’Intérieur d’Ali Bongo qui s’est chargé de proclamer les résultats et d’annoncer la fumée blanche. Les Gabonais ne sont pas sortis de l’auberge ou de l’étau du clan Bongo au pouvoir depuis 50 ans. A coups de balles réelles et  de gaz lacrymogènes, la forfaiture est imposée aux Gabonais et ceux qui veulent ruer dans les brancards doivent affronter les chars et les  kalachnikovs de l’armée et de la police déployées pour étouffer toutes velléités de contestation. Après le hold-up électoral, Ali Bongo met en place un régime de terreur ayant fait de l’arrestation tous azimuts des contestataires et de leur matraquage, l’essence de la légitimité  recherchée. Dans un environnement africain  en pleine dynamique démocratique, le Gabon des Bongo ne semble pas être prêt à marcher au trot du monde. L’opposition dont la victoire lui a été effrontément volée n’a que ses yeux pour pleurer et sa voix pour  sonner la mobilisation de tous les démocrates du monde entier au chevet d’un Gabon, otage du clan Bongo depuis 1967. Envers et contre tous, Ali Bongo succède à lui-même après avoir succédé à feu son « père » en 2009. Bien malin qui imaginera jusqu’où cette forfaiture électorale de trop peut conduire le Gabon.

 

Bernadin MONGADJI

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