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Sam, novembre

Editorial : Leçons d’un scrutin

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Une semaine  après les  élections législatives du 26 avril  2015, les Béninois connaissent le verdict des urnes. A la vérité, il faut le reconnaître, l’attente lancinante des résultats,  les cinq premiers jours,  a donné lieu à une avalanche de spéculations suicidaires sur l’issue du scrutin avec des tendances contradictoires d’une officine politique à une autre complaisamment relayées par les médias locaux.

La situation  était devenue  fort  confuse qu’il a bien fallu à la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) d’accélérer ses dépouillements, pour enfin communiquer, le vendredi 1er mai en début de soirée, les grandes tendances des résultats. Ceci eut l’avantage de délivrer  une opinion  nationale  manifestement malmenée par les spéculations. L’exercice ne fut pas de toute aise pour Emmanuel TIANDO, le Président  de la CENA, ce professeur d’université grand habitué du sérail politique national, généralement  si imperturbable et serein, devenu fort méconnaissable à le voir  ou à l’entendre  buter à plusieurs reprises sur ses notes  avant de  livrer à l’opinion les grandes tendances  du scrutin du 26 avril 2015. Il  s’était même  bien empressé de renvoyer tout le monde devant la Cour constitutionnelle habilitée, de son avis et au terme de la loi, à proclamer les résultats provisoires puis définitifs. Fait bien inédit et pour la première fois au Bénin, l’opposition n’a levé le moindre petit doigt  ou rechigner suite aux grandes tendances des résultats rendus publics par la CENA.

La seule voix discordante est venue de la majorité présidentielle qui, bien qu’elle soit en tête, a  fait savoir ses réserves  sur ces tendances.  A ce sujet, on peut bien dire que la démocratie béninoise a pris du galon. L’avis des observateurs étrangers ayant suivi ce scrutin, n’est  d’ailleurs pas contraire. La proclamation des résultats  provisoires par la  Cour constitutionnelle   quarante-huit heures après les tendances de la CENA,  est apparue comme une caution supplémentaire à ce scrutin. La vérité des urnes livrée par les sept sages, donne 33 sièges aux FCBE, principale alliance de la majorité présidentielle, 13 sièges à l’UN, la plus grande coalition de l’opposition, 10 au PRD, 07 à la RB-RP,  05 à l’AND, 04 à l’Alliance Soleil, 04 à FDU, 02 à ABT, 02 à l’Alliance Eclaireur, 02 à UB et 01 au RESO ATAO. Lorsqu’on compare ces résultats aux tendances rendues publiques par la CENA   quarante-huit heures plus tôt, on note quelques  variations et chamboulements qui donnent du sourire aux uns et du chagrin aux autres.  Sur cette question, les sept sages ont fait prévaloir la rigueur du code électoral par rapport à une CENA  qui s’est montrée plus expéditive.

Le principal enseignement du scrutin législatif du 26 avril 2015, c’est qu’il a l’avantage de clarifier le paysage politique national à un mois des élections communales, municipales et locales et à un an de l’élection présidentielle de mars 2016.  A la surenchère politique ayant émaillé la campagne électorale, succède le réalisme avec des formations politiques (partis ou alliance de partis) dont on sait désormais ce qu’elles valent  chacune vue dans son fief ou  à l’échelle nationale.  Entre désenchantement  et percée spectaculaire, les partis traditionnels s’éteignent ou renaissent de leurs cendres tels des phénix.  Les bailleurs déjà  engagés dans le soutien à certains présidentiables, disposent dorénavant d’indicateurs de performance devant être déterminants pour délier le cordon de la bourse. Le mercato pour l’élection présidentielle prendra, à n’en point douter, ses repères sur les grands enseignements de ce scrutin législatif.

Bernadin MONGADJI

 

 

 

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