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Sam, novembre

Bourreau hier, victime aujourd’hui

Editos
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La roue de l’histoire tourne. Et l’histoire finit toujours par rattraper d’une manière ou d’une autre. Cette réalité est encore plus évidente lorsqu’il s’agit de la gestion du pouvoir politique. Et la course pour la présidentielle de 2016 au Bénin semble bien en apporter la preuve avec les derniers développements de l’actualité. Depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire plusieurs mois, Patrice Talon a été  présenté comme victime du régime Yayi. Les chiens de garde  du richissime homme d’affaires au sein de la classe politique ont réussi à attirer la sympathie d’une  bonne frange de l’opinion publique par la stratégie de victimisation de leur idole exilé à Paris depuis déjà trois ans. Malgré la campagne de communication entreprise par le régime en place pour inverser la tendance, il est resté dans l’opinion cette image d’un Patrice Talon persécuté pour sa prise de position contre la révision opportuniste de la constitution susceptible d’ouvrir le chemin d’un troisième mandat à Boni Yayi. D’ailleurs, c’est le principal thème de campagne électorale forgé par une certaine classe politique opposée au pouvoir Yayi à l’occasion des élections législatives. Et la moisson fut belle puisque l’opposition a réussi un coup d’éclat en obtenant une majorité parlementaire, même si elle est étriquée.

 

 

Les législatives terminées, la machine de victimisation de Talon venait ainsi de frayer le chemin à son idole  au sein de l’arène politique. Cap est désormais mis sur la présidentielle 2016 au grand dam des potentiels candidats de l’opposition qui se voient pris de vitesse par la vague « talonnienne ».  Jusque-là, personne pour contrarier l’image de la victime Talon. Il a fallu cette sortie médiatique d’un certain Martin Rodriguez, pour opposer une antithèse à ce que l’on peut appeler la théorie  de victimisation de Talon. En fait, la victime Talon d’aujourd’hui a été le bourreau d’un autre hier. Le concurrent d’affaires de Patrice Talon dans le secteur cotonnier béninois a eu le mérite de donner un son cloche contraire à celui qu’on a jusqu’ici entendu. L’opinion publique a découvert l’autre facette de la médaille Talon grâce à l’intervention médiatique du « doyen » des exilés de ces deux dernières décennies en raison de ses déboires avec celui qui porte aujourd’hui la toge de victime du régime Yayi. Cela interpelle les uns et les autres quant à la roue de l’histoire qui tourne. La politique étant une science de la dialectique, rien n’y est statique mais tout y est dynamique. De ce fait,  on y a toujours raison pour une partie du temps mais pas tout le temps. Leçon de cette partie de bille, il faut  savoir raison garder.

 

Marc David MOLLI

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