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Sam, novembre

Burkina : Paix fragile, attention !

Editos
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La transition politique au pays des hommes intègres n’a pas fini de focaliser les attentions des pays de la sous-région, du continent africain ainsi que de la communauté internationale. Le rétablissement de l’autorité  du Conseil National de Transition obtenue au forceps laisse une paix encore trop précaire pour crier victoire en espérant avoir tué cette fois-ci l’ours. Le développement de l’actualité, quelques jours seulement après la restauration des autorités de transition, ne semble pas rassurer.

 

Le ciel burkinabé paraît tout encore orageux au regard de la précipitation avec laquelle le pouvoir de transition « restaurée » a repris du service. Pendant que tout le monde s’attend à voir les autorités de transition poser des actes allant dans le sens de l’organisation rapide, transparente et sans exclusion des consultations électorales en vue du rétablissement de la démocratie,  de la paix et de la stabilité politique au Burkina, on assiste à des décisions hâtives  en représailles contre la putschistes non encore désarmés  au lendemain du  compromis forcé.

 

En quatre jours seulement, le régime de transition « restaurée » a commis, coup sur coup, deux faux-pas susceptible de mettre en péril la paix et le came encore trop fragiles au Burkina-Faso. Il s’agit des deux décisions dont l’une politique portant sur la dissolution du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) en conseil des ministres et  l’autre judiciaire relative au gel des avoirs d’une vingtaine de personnes physiques et morales par la justice burkinabé. A y voir de près, ces décisions visent à démanteler les  putschistes. Mais au regard du contexte politique actuel du pays, ces deux décisions du régime de transition viennent mal à propos au regard de la  précarité  de la paix issue d’une semaine intense de médiation. Loin de nous l’idée de soutenir l’impunité. Il semble que le pouvoir de transition est revenu  à la tête du Faso avec des élans revanchards. Ainsi, pour les autorités de transition au Burkina, il faut vite finir avec la junte et ses partisans. Il faut liquider les reliques du régime défunt de Blaise Compaoré pour avoir la paix. C’est peut-être politiquement correct pour rassurer l’opinion publique que le régime de transition a repris les commandes du pays.

 

Néanmoins, il convient de reconnaître que des décisions précipitées du genre, quand bien même  applaudies dans la rue, manquent de sagesse en vue de la pacification à long terme  du pays. Il est clair aujourd’hui que l’armée burkinabé est divisée. La classe politique est fragmentée et l’Etat est affaibli. Dans une telle circonstance, il est inopportun de prendre des décisions comme celles des autorités de transition du Burkina-Faso. La dissolution du RSP d’accord. Mais ce n’est pas la priorité au lendemain d’une médiation réussie à l’arraché et où l’armée burkinabé s’en sort avec une fracture béante. La justice d’accord. Mais pas au prix de décisions susceptibles de provoquer le retour des vieux démons. Au nom de la paix, il faut que le régime de transition évite de s’engluer dans  des chantiers du futur président démocratiquement élu du Faso. Michel Kafando et les siens se doivent d’œuvrer à l’avènement d’un pouvoir légitime. Et cela passe par l’organisation réussie des élections de novembre. La chasse aux sorcières risque de faire basculer à nouveau  le pays dans le chaos.

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