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Sam, novembre

Boni YAYI: Mission possible pour Lionel Zinsou !

Editos
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Le président Boni YAYI a en main, depuis quelques jours, les cartes pour tirer le joker qu’il alignera en tant que porte- étendard de sa majorité, à l’élection présidentielle du 28 février 2016. Sur la liste des dix candidats qui l’accompagne  désormais partout, Boni YAYI  a réussi une première simplification en obtenant  désistements et forfaits qui lui donnent une marge de manœuvre plus souple. Logiquement, sur les résidus de la liste tassée, l’équation  devrait lui  être plus soluble. A tout le moins, il n’aura à soumettre pour ses consultations  que deux noms ou trois au maximum.

 Le suspense que le chef de la majorité présidentielle entretient sur son verdict peut procéder d’une stratégie. La énième que Boni YAYI déroule depuis qu’il a fait débarquer Lionel Zinsou de Paris en passant par le  processus des primaires  pour le choix du candidat unique des FCBE. En plus de l’épreuve des nerfs à laquelle il s’oblige à soumettre l’état major de sa coalition politique et certains candidats qui se croiraient dans son carré d’As,  le Chef de l’Etat veut aussi gagner du temps en croisant les sondages et en évaluant les forces et les faiblesses du candidat dont il fera  connaître officiellement sous peu le nom. A ce niveau, point n’est besoin d’être un devin, pour entrevoir le point de chute du père de la majorité au pouvoir.  Tous  les indicateurs  convergent vers Lionel ZINSOU et dans l’entourage immédiat du Chef de l’Etat, effrayé par cette perspective, l’on a de cesse de le mettre en garde contre une telle option susceptible de se révéler suicidaire pour la cohésion de la majorité et surtout parce qu'elle offrirait par-dessus tout du pain béni à l’opposition pour son thème de campagne.

En vérité, rien ne peut plus arrêter Boni YAYI d’aller au bout de sa stratégie. D’abord, il a déjà réussi un tour de prestidigitation  en faisant accepter la candidature de Lionel ZINSOU  alors que les critères de la compétition des FCBE l’en disqualifiaient d’emblée.  A présent qu’il a les cartes en main et que le dernier mot lui revient, le Chef de l’Etat déjà suspecté sur ses intentions secrètes, devra-t-il s’arrêter en si bon chemin après s’être donné toute cette peine pour son supposé  poulain? Boni YAYI  n’a pas que des raisons affectives pour choisir Lionel ZINSOU. L’option possible de  son premier ministre pourrait se justifier sous un plan stratégique.

En face de Lionel Zinsou, il n’y a que le Vice Premier  ministre François Adebayo Abiola. Ses dernières performances électorales lors des législatives et communales passées dans le département du plateau où il a été largement battu par la liste conduite par Séfou Fagbohoun, le richissime homme d’affaires qui a bien des comptes à lui régler, ne rassurent guère Boni YAYI. Pris en tenailles dans l’ouémé et le plateau  par l’Union fait la Nation de Séfou Fagbohoun et le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbedji,  François Abiola n’est pas en pôle position dans sa région natale. Et face aux dinosaures comme Patrice TALON et Sébastien Ajavon, les marges de manœuvre de l’actuel Vice premier ministre ne sont davantage que faibles. Autres points handicapants, bien qu’il soit du sud Bénin, François Abiola est d’origine nago comme le Président Boni YAYI. L’option de Lionel Zinsou qui se profile à l’horizon n’est pas moins une gageure  pour  le leader charismatique des FCBE car elle peut être périlleuse si Boni YAYI n’obtient pas la cohésion totale des leaders FCBE  autour de lui.

Dans tous les cas, le choix de Lionel Zinsou est plus jouable pour les alliances qu’une autre perspective. Il est originaire du sud Bénin et Paris  peut assurer les derniers arbitrages, le cas échéant. Mieux, les sondages montrent que les principaux candidats de l’opposition notamment du sud redouteraient pour la plupart une telle candidature. Même Patrice TALON en frémirait. Boni YAYI a les moyens de décision pour infléchir tout en faveur de son actuel premier ministre. La possibilité que Lionel Zinsou soit le dauphin est plus que plausible. Boni YAYI a allumé tous les signaux. A lui d’assumer  ensuite les conséquences de son option.

 Par Bernadin MONGADJI

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