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Mer, mars

Niger : Le régime Issoufou à l’épreuve des jihadistes maliens

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Les attaques armées et autres actes du genre sont devenu légion au Niger ces dernières semaines au Niger. Le président Mahamadou Issoufou, dont le pays est engagé dans la coalition anti-terroriste au Mali, doit déployer de gros efforts pour endiguer le terrorisme.

 

Depuis quelques semaines, les informations faisant état d’attaques armées, de rapts ou autres actes d’insécurité ont repris de service au Niger. Par intervalles plus ou moins réguliers, des jihadistes mènent des incursions dans le sahel nigérien. Ces attaques se soldent souvent par des morts au sein de l’armée comme parmi la population, des armes, véhicules et vivres emportés. La dernière opération jihadiste en date est l’attaque contre la prison de Koutoukalé, à 50 km au nord-ouest de Niamey. La prison de haute sécurité de Koutoukalé est considérée comme la plus sûre du pays. C'est là que les autorités gardent les détenus les plus dangereux, et notamment les éléments djihadistes des groupes sahéliens ou du groupe nigérian Boko Haram. Heureusement, les assaillants ont été mis en déroute par les forces de sécurité. Cette attaque ratée survient 72 heures après l'enlèvement d'un travailleur humanitaire américain que ses ravisseurs ont emmené au Mali voisin. Toute la zone sahélienne du Niger et du Mali est particulièrement instable. Le 07 octobre  dernier, 22 soldats nigériens ont été tués dans un camp de réfugiés maliens à Tazalit, à environ 300 km au nord-est de Niamey, au cours d'une attaque d'hommes armés venus du Mali. Les attaques de prison sont fréquentes dans ce pays sahélien. Le 30 octobre 2014, un groupe armé avait attaqué la prison de Ouallam, à 100 km au nord de Niamey, et libéré plusieurs détenus. En juin 2013, la prison civile de Niamey avait été attaquée par un « commando armé », tuant au moins deux gardes pénitentiaires et en blessant trois autres. Les assaillants avaient réussi à exfiltrer 22 « terroristes », dont des combattants de Boko Haram ainsi que Cheïbane Ould Hama, un « grand criminel » malien, qui était déjà condamné pour l'assassinat de quatre Saoudiens au Niger, près de la frontière malienne, et d'un Américain à Niamey en 2000.

Un lourd tribut pesant pour Issoufou Mahamadou

Pour empêcher l'infiltration de groupes armés et faire face à la menace permanente, le Niger mobilise d'importantes ressources pour des dépenses militaires. Une débauche financière pour l’un des plus pauvres pays au monde puisque le gouvernement est obligé de faire des coupes sombres sur le traitement des fonctionnaires. Les primes de responsabilités et de zones déshéritées ont été supprimées, certainement pour faire face à l’effort de guerre. Chose qui provoque une levée de bouclier chez les agents de l’Etat, gonflant à bloc, la tension sociale au Niger. Outre son apport personnel dans le cadre de la coalition internationale contre le terrorisme, le pays accueille des bases militaires française et américaine et une base logistique allemande doit être construite dans les mois qui viennent. Le président Mahamadou Issoufou, doit, à l’opposé du Mali, faire face à des menaces venant du Mali, du Nigeria et  éventuellement de l’Algérie. C’est véritablement  pesant pour le président nouvellement réélu qui peine à prendre langue avec son opposition malgré la perche tendue pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Une  main tendue rejetée par l’opposition.

 

Christophe SESSOU 

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