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Mar, octobre

Gambie/ Musellement de la presse : Jammeh prépare un passage en force

Afrique
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Le président gambien sortant Yahya Jammeh a fait fermer une quatrième station radio ce dimanche 08 janvier 2017. Ce musellement progressif de la presse gambienne fait redouter un coup de force de l’homme fort de Banjul, à neuf jours de la fin de son mandat.

 L’impasse politique en Gambie fait de plus en plus de victimes collatérales. La presse, qui n’était pas libre pendant les 22 ans de pouvoir de Yahya Jammeh, voit sa "liberté" se réduire comme une peau de chagrin. En effet, quatre stations de radiodiffusion ont été fermées en l’espace d’une semaine.

Les installations de la radio communautaire gambienne Teranga FM, de la Hilltop Radio et de l’Afri Radio ont été mises sous scellés, le dimanche 1er janvier dernier par l’agence nationale des renseignements (NIA) sur ordre du président gambien. Une semaine plus tard, soit ce dimanche 08 janvier 2017, la radio privée gambienne Paradise FM, l'une des plus populaires du pays, a été fermée. Estimant être en mission pour le ministère de l’Information, les six agents des services de sécurité en civil venus faire cesser les émissions et fermer la radio n'ont pas daigné présenter un document ni fourni aucune raison motivant cette fermeture.

Il est vrai que tout gouvernement, garant de l’ordre public, a la latitude fermer un média. Toutefois, cette fermeture, quoi qu’autorisée, doit être motivée par des raisons valables. Ce qui inquiète dans le  contexte gambien est le fait que les mobiles de l’arrêt des émissions de ces radios relèvent jusque-là complètement du mystère. C’est surtout ce qui laisse présager d’un coup de force du président gambien à un peu plus d’une semaine de la fin de son mandat.

Le rôle du quatrième pouvoir étant d’informer et d’éduquer, le dictateur gambien redoute un relais de ses actes anti-démocratiques et un éventuel appel à la désobéissance civile en cas de non transfert du pouvoir au président élu, Adama Barrow, le 19 janvier prochain. Ce sont là, des raisons qui sous-tendent le bâillonnement de la presse par  Yahya Jammeh.

La Gambie traverse une crise électorale depuis que le président sortant Yahya Jammeh, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 22 ans, a annoncé le 9 décembre qu'il ne reconnaissait plus sa défaite au scrutin du 1er décembre, une semaine après avoir pourtant félicité son adversaire, l'opposant Adama Barrow.

Christophe SESSOU

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