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Jeu, octobre

Gambie / Crise électorale : La Cédéao ne fait pas frémir Yahya Jammeh

Afrique
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Le dossier gambien est loin d’être une sinécure pour la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest  (Cédéao). Alors que l’on attendait de la réunion d’Abuja de ce lundi, une décision ferme vis-à-vis de Yahya Jammeh, la Cédéao joue la carte de l’immobilisme, visiblement incapable de trouver la potion magique contre le dictateur gambien. 

Quatre chefs d’Etat se sont à nouveau réunis ce lundi 9 janvier à Abuja pour tenter de trouver une issue à la crise gambienne. Après plusieurs heures de discussion, les présidents du Nigéria, Muhammadu Buhari, du Sénégal Macky Sall, du Liberia Helen Johnson Sirleaf et l’ex-chef de l’Etat ghanéen John Dramani Mahama, se sont à nouveau résolus à envoyer une nouvelle médiation en Gambie, le mercredi 11 janvier. C’est ce qu’a laissé entendre Geoffrey Onyeama, ministre nigérian des affaires étrangères, à l’issue des conciliabules. Une énième réunion, après celle informelle de samedi à Accra, en marge de l’investiture du nouveau président ghanéen.

Si les chefs d’Etat de la Cédéao, dans la foulée de la crise, s’étaient risqués en annonçant l’option militaire comme une porte de sortie, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Président en exercice de l’organisation, la Libérienne Helen Johnson Sirleaf a clairement signifié samedi à Accra que cette option est désormais écartée, privilégiant la voie du dialogue. Un véritable surplace dont Yahya Jammeh profite de jour en jour pour faire main basse sur le débat.

Mardi déterminant pour une sortie de crise

La Cédéao se rend à Banjul mercredi 11 janvier. Mais entre temps, le mardi 10, la Cour suprême devrait se prononcer sur le contentieux électoral du scrutin, à l’aune du recours en annulation formulé par le président sortant. La question qui se pose est de savoir à quoi servirait cette nouvelle médiation de l’organisation sous-régionale, si la Cour suprême, juge du contentieux, déclarait Yahya Jammeh vainqueur ou accédait tout au moins à sa requête de reprise du scrutin. Pour nombre d’observateurs, les juges, dont la décision est sans recours, pourraient jouer en faveur du président sortant, à qui ils doivent leur nomination. Il ne serait pas surprenant qu’à l’issue de ce feuilleton, la Cédéao  se résolve à la solution de partage de pouvoir, déjà évoqué par le président mauritanien.

Vivement que la Cédéao retrouve à temps, le bon code, pour convaincre le président Yahya Jammeh, visiblement déterminé à créer l’impasse, qui lui ouvrirait les portes d’un passage en force.

Bruno O. OTEGBEYE

 

 

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