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Mer, janvier

Nigeria : L’Etat vole au secours des indigents

Afrique
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Le Chef de l’Etat nigérian Muhammadu Buhari, a annoncé son intention d’accorder une aide financière mensuelle de 5.000 nairas aux plus pauvres  et aux plus vulnérables. Cette assistance financière, annoncée pendant la campagne électorale, est rendue possible par des avancées économiques et financières du pays.

5.000 nairas, c’est le montant de l’allocation financière mensuelle prévue par le gouvernement fédéral du Nigeria aux plus pauvres.  « D'ici la fin de 2017, un million de Nigérians recevront 5.000 nairas par mois (environ 25 dollars) sur un compte en banque spécifiquement ouvert pour cette aide de l'Etat »,  a indiqué la conseillère spéciale en charges des questions sociales du président, Maryam Uwais. Cette mesure est la bienvenue pour plus de cent millions de  Nigérians vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Sur les 193 millions de personnes que compte le Nigeria, le vice-président Yemi Osinbajo a estimé que 110 millions se demandent chaque jour, « comment vais-je trouver à manger, me soigner, envoyer mes enfants à l'école? ». Le salaire minimum est de 18.000 nairas (54 euros) au Nigeria, très faible par rapport au coût de la vie dans le pays. Le gouvernement espère qu'avec cette aide, les bénéficiaires pourront « acheter des chèvres, envoyer les enfants à l'école, démarrer un petit commerce », explique Mme Uwais.

Selon les prévisions de la Banque Mondiale, cette amorce de sécurité sociale coûtera près de 3 milliards de dollars sur trois ans (977 milliards de nairas) au budget fédéral. L'institution financière qui supervise le processus de sélection des bénéficiaires et encadre le projet, a accordé un prêt de 500 millions de dollars au pays.

L’institution financière encourage de tels programmes dans une trentaine de pays en Afrique car ils entraînent une augmentation de la consommation, de l'usage des services de santé et d'éducation et permettent aux plus pauvres d'affronter les chocs économiques.

 Pourquoi maintenant ?

La mise en place d’une mesure aussi salutaire, plus d’un an et demi après l’élection du président Buhari semble se justifier par quelques avancées au plan économique et sécuritaire. D’abord, sous la houlette de M. Buhari, le pays a repris sa place de première puissance économique et de premier producteur de pétrole en Afrique.

Ensuite, la lutte pour l’assainissement des finances publiques engagée par le chef de l’Etat à son accession au pouvoir en mai 2015 porte ses fruits. Près de 40.000 fonctionnaires fictifs ont été démasqués.

Sur un autre plan, la lutte contre la secte islamiste Boko Haram, dont le président a fait son cheval de bataille, donne actuellement des résultats probants. C’est pourquoi, le chef de l’Etat a pu s’engager par rapport à une allocation sociale mensuelle, partie intégrante de ses promesses de campagne.

Christophe SESSOU

 

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