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Jeu, avril

Gambie / Contentieux électoral : A qui profite le renvoi du recours ?

Afrique
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La Cour suprême gambienne a renvoyé l’examen du recours né de la présidentielle du 1er décembre dernier à mai prochain. Le président déchu, Yahya Jammeh, dont le mandat prend fin le 18 janvier,avait  subordonné son départ au verdict de la Cour pendant que ses pairs d’Afrique le pressent de quitter le pouvoir au terme de son mandat. Dans de telles conditions, à qui profite ce renvoi ?

Longtemps  perçue comme cruciale dans le règlement de la crise post électorale en Gambie, la décision de la Cour suprême au sujet du contentieux  lié à l’élection présidentielle du 1er décembre dernier n’aura pas lieu, du moins, ce 10 janvier. Le président de la Cour, le Nigérian  Onogeme Uduma, ses pairs du Nigéria et de la Sierra-Leone n’étaient pas présents à l’audience de ce mardi. Par conséquent, l’examen du recours a été renvoyé à mai 2017, conformément à l’agenda du président de la Cour.

Ce report de la décision du juge du contentieux électoral gambien ne manquera certainement pas d’incidences sur la suite des événements politiques en Gambie. Surtout, cette décision apporte de l’eau au moulin de Yahya Jammeh, qui pourrait en  profiter pour donner une allure de légalité à son probable coup de force. Il ne faut pas perdre de vue que le dictateur est bien conscient qu’il est sur un terrain conquis à l’avance, les juges lui étant redevables pour leur nomination. Le report de ce verdict donne les coudées franches au président gambien, qui pourrait confisquer le pouvoir jusqu’à l’étude de son recours en mai 2017, soit au-delà des délais constitutionnels.

Ce renvoi met en position de faiblesse, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui presse le président gambien de rendre le pouvoir au président élu, Adama Barrow, au plus tard le 19 janvier. L’ancrage « légal » de la position du président sortant, ajouté au recul de l’organisation régionale face à sa première option militaire, finit par l’affaiblir.

Les possibles voies de sortie

Bien qu’étant conforté par le report du verdict de la Cour suprême, le président Jammeh ne dispose plus d’une large marge de manœuvre. Diplomatiquement, il est de plus en plus isolé. Il perd aussi le soutien de ses proches collaborateurs parmi lesquels, des juges qui ont pris le chemin de l’exil . Il pourrait devenir plus flexible en face des médiateurs qui doivent se rendre à Banjul ce mercredi.  Là, il va falloir que la CEDEAO sache  comment négocier pour arracher la proie au léopard de Kanilai. Tact et diplomatie sont les qualités requises de Muhammadu Buhari face à ce félin agonisant, mais qui continue de faire des démonstrations de force.

Christophe SESSOU

 

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