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Mar, février

Mali / Sommet Afrique-France : IBK muscle la sécurité, les Bamakois grincent les dents

Afrique
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A deux jours du Sommet Afrique-France, le président malien Ibrahim Boubakar Kéïta se donne tous les moyens pour relever les défis sécuritaires. Un important dispositif policier a été mis en place pour accueillir les 35 chefs d’Etat attendus dans la capitale malienne les 13 et 14 janvier prochains au moment où les populations consentent d'énormes sacrifices.

La sécurité des chefs d’Etat et de gouvernement lors du 27è Sommet Afrique-France du 13 au 14 janvier prochain, reste le souci majeur du gouvernement malien, hôte du Sommet. Pour cela, le président Ibrahim Boubakar Kéïta se donne tous les moyens. A deux  jours du début du sommet qui doit se dérouler les vendredi 13 et samedi 14 janvier à Bamako, les forces de l’ordre du Mali s’entraînent à la sécurisation des cortèges des officiels, selon Le Monde Afrique. A l’occasion, le centre de vidéosurveillance et de commandement  a fait peau neuve et des forces de l’ordre s’y affairent, les yeux rivés sur de grands écrans de contrôle. « On est capable de suivre les véhicules du début jusqu’à la fin », assure le commissaire de police Idrissa Samaké, responsable du centre.

Le dispositif de sécurité déployé à l’occasion du sommet est impressionnant. Rien que pour cet exercice, plusieurs milliers de policiers et gendarmes sont sur le bord des routes. « Il y a une personne tous les 30 mètres. Le jalonnement est très serré. Ce parcours aéroport-hébergement, c’est le premier test sécuritaire, poursuit le commissaire Samaké. Au total, près de 10 000 hommes sont mobilisés pour sécuriser le sommet, dont 180 forces spéciales antiterroristes (Forsat), une unité créée au lendemain des attentats du Radisson Blu qui avait fait 22 victimes en novembre 2015.

Ce déploiement  extraordinaire n’est pas sans conséquences sur les populations. Si le gouvernement malien avance des retombées économiques de ce sommet pour le Mali, des centaines, voire des  milliers de Bamakois ne vont pas en profiter. Beaucoup de rues, les écoles, mais aussi la majorité des commerces à Bamako seront fermées vendredi.

Les « déguerpis » constituent une autre catégorie de victimes du pari sécuritaire du sommet  de ce week-end. Au début du mois de septembre 2016, la gouverneure de Bamako, Amy Kane, a lancé une grande opération de nettoyage des rues en prélude au sommet. Plusieurs milliers de boutiques ont été rasées, presque sans avertissement. Les quartiers particulièrement visés sont ceux où les différentes délégations vont être amenées à circuler, mais Amy Kane en a profité pour faire la toilette à Bamako. A deux jours du Sommet, la sécurité est de mise tandis que les citoyens de la ville grincent les dents.

Christophe SESSOU

 

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