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Jeu, avril

Gambie  : Jammeh apaise et assure ses arrières

Afrique
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Le président gambien, Yahya Jammeh a annoncé la nomination d'un médiateur pour la sortie de la crise et son intention d’instruire son ministre de la justice et le parlement de travailler au vote d’une loi d'amnistie pour éviter toute chasse aux sorcières. Cette annonce intervient à quelques jours de la fin de son mandat le 18 janvier.  Ces mesures et précautions juridiques visent à mettre à l'abri de toutes poursuites le dictateur gambien qui a dirigé son pays d'une main de fer, 22 ans durant.

A environ une semaine de la fin de son mandat, le président sortant gambien continue toujours de prendre des décisions qui le confortent. La dernière en date est celle qu’il a annoncée, dans une adresse à la nation diffusée sur la télévision d'Etat.  M. Yahya Jammeh a annoncé la nomination de Moussa Diallo comme médiateur pour la sortie de crise politique en Gambie et son intention de demander au ministre de la justice d'introduire une loi d'amnistie au parlement pour vote en vue d'éviter toute chasse aux sorcières après son départ. Il a par ailleurs assuré que la crise va être résolue de manière pacifique et a invité les Gambiens au pardon notamment, la classe politique gambienne.

Cet acte, considéré comme l’un des derniers de l’homme fort de Banjul à la tête de l’Etat gambien, apparaît comme un moyen pour assurer ses arrières. Il est de plus en plus évident que le dictateur, très isolé et contre qui une pression internationale croissante s’exerce, n’a pas autre choix que de rendre le tablier. Mais avant, il veut se mettre à l’abri d’éventuelles poursuites judiciaires surtout que sa défaite à la présidentielle du 1er décembre 2016 a été suivie de plusieurs menaces de poursuites en Gambie et au plan international. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont motivé sa volte-face spectaculaire, le 09 décembre, dont le temps fort est la remise en cause de la victoire de son challenger, Adama Barrow et la réclamation d'un autre scrutin.

La Cour suprême devant vider le contentieux né de la contestation des résultats par Yahya Jammeh, a renvoyé l’examen à mai 2017. La mission de médiation ouest-africaine qui devait se rendre à Banjul ce mercredi 11 janvier, a été reportée à ce vendredi 13 janvier. Cette rencontre est actuellement considérée comme celle de la dernière chance puisqu’elle intervient à la veille de l’expiration du mandat de Yahya Jammeh.

Christophe SESSOU

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