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Mar, octobre

Burkina / Procès de militaires : Le principal prévenu accuse le Général  Zida

Afrique
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Le principal prévenu du procès des 27 militaires burkinabè accusés d'avoir projeté fin 2015 de libérer des putschistes emprisonnés, a déclaré ce mardi 10 janvier, au tribunal être la "victime d'un complot" de l'ancien Premier ministre de la transition, Isaac Zida, actuellement en exil au Canada.

Le caporal Madi Ouédraogo, principal prévenu dans l’affaire de tentative manquée de libération de militaires incarcérés en fin décembre 2015, a fait une annonce des plus surprenantes ce mardi 10 janvier. Devant les juges militaires, l’ex-putschiste a pointé du doigt, la complicité, voire la responsabilité de l’ancien Premier ministre et éphémère président de la république, Yacouba Isaac Zida. "Je suis tombé dans un piège. Je suis victime d'un complot monté par le général Yacouba Isaac Zida", s'est défendu à la barre le caporal Madi Ouédraogo.

Poursuivant sa défense, le principal prévenu a ajouté qu’en juin 2015,  le général Zida  a confié à lui et à ses hommes, sous la menace de mort ou d’emprisonnement, une mission clandestine consistant à aller éliminer des chefs militaires et des hommes politiques. Au nombre de ceux-ci, le général Gilbert Diendéré, ancien homme de main de l'ex-président Blaise Compaoré, Djibrill Bassolé, l'ex-chef de la diplomatie burkinabè de Compaoré, et Salif Diallo, l'actuel président du parlement. La contrepartie de la besogne est de "65 millions de francs CFA plus une villa" chacun, selon les aveux du caporal à la barre.

 Les révélations du caporal Ouédraogo sont très embarrassantes pour l’ancien numéro 2 du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ex-garde prétorienne de Compaoré, Zida, qui s'était emparé du pouvoir le 1er novembre 2014 au lendemain de la chute de M. Compaoré. Nommé Premier ministre sous la transition, l’ancien colonel va s’empresser de se faire attribuer le grade de général avant la fin de la transition.

Il va s’exiler au Canada avec sa famille dès janvier 2016 et sera notamment accusé de « désertion en temps de paix », et « rayé des forces armées burkinabè », selon M. Kaboré. Entre-temps, des enquêtes ont établi l’implication de l’ancien Premier ministre dans plusieurs dossiers de malversations. Il s’agit d’un bradage d’un domaine public dans le quartier huppé de Ouaga 2000, d’une passation illégale de marchés publics soldée par un détournement de 63 milliards de francs CFA. Il est aussi cité dans les tueries qui ont suivi la chute de Blaise Compaoré les 1er et 02 novembre 2014.

Christophe SESSOU

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