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Jeu, octobre

Afrique / Réformes constitutionnelles : Le Sénat mauritanien indique la voie au Bénin

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Le Sénat mauritanien a rejeté ce vendredi 17 mars, le projet de révision de la constitution à lui soumis par le gouvernement après le plébiscite du texte à l’assemblée nationale. Ce faisant, les sénateurs renvoient le président Ould Abdel Aziz au référendum. Une façon d'indiquer la voie à de nombreux pays, dont le Bénin, où la révision de la constitution par les députés, s’annonce comme un raccourci pour éviter une consultation populaire.

Le projet de révision constitutionnelle en Mauritanie a été largement rejeté ce vendredi 17 mars 2017 par les sénateurs. C’est par un vote sanction de 33 contre sur 56 que la chambre haute du parlement a renvoyé au gouvernement, un projet de loi qui prévoit notamment la suppression du sénat, de la Haute cour de justice, du conseil islamiste, du poste de médiateur de la république sans oublier le changement du drapeau national.

Par ce rejet, l’institution qui représente le dernier verrou dans le processus de révision constitutionnelle, indique la voie du référendum au président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz.  Cette décision des sénateurs  intervient après que le projet de révision constitutionnelle a été largement adopté à l’assemblée nationale, une semaine plus tôt.

Certes, les modifications proposées par le gouvernement mauritanien ne sont pas majeures mais en rejetant le texte de loi, les sénateurs montrent non seulement que la représentation nationale ne doit pas être une caisse de résonance de l’exécutif mais aussi et surtout que les parlementaires tiennent leur mandat et leur légitimité du peuple.

Au-delà  de la Mauritanie, le sénat indique la bonne démarche à suivre à plusieurs pays africains dont le Mali, le Burkina et bien sûr le Bénin où la révision « forcée » de la constitution est la nouvelle option d’une certaine classe politique. Le cas le plus en vue est celui du Bénin où le nouveau projet de révision constitutionnelle ayant échoué en milieu de semaine dernière sur la table des députés, touche certains points jugés capitaux par la constitution du 11 décembre 1990. Parmi ces points, il y a la question de mandat du président de la république. Contrairement au principe de deux mandats de cinq ans appliqué  jusqu’à présent, le nouveau texte de loi propose un mandat unique de 6 ans pour le président de la république, 6 ans pour les députés et les maires, la suppression du Conseil économique et social, la transformation de la Haute cour de justice en une cour ad’ hoc pour ne citer que ceux-là.

Alors, tout comme les sénateurs mauritaniens, il est demandé aux députés béninois de mêler le peuple à ce débat qui engage l’avenir de toute une nation. La cour constitutionnelle, présidée par Théodore Holo, devra, au cas où par extraordinaire, ce projet passe comme une lettre à l'assemblée nationale, renvoyer Patrice Talon devant le peuple comme il y était, il y a onze mois pour la présidentielle. Décider de l’avenir d’une nation entre les quatre murs d’une institution revient à lui donner un coup de poignard dans le dos et constitue une façon d'en rajouter à la coupe populaire débordante de griefs contre le régime en place au Bénin.

Christophe SESSOU / beninmondeinfos.com

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