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Ven, février

Afrique  : Les magistrats ouest africains s'outillent sur la lutte contre la cybercriminalité

Afrique
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L’Afrique est confrontée depuis quelques temps à un phénomène nouveau : la cybercriminalité. Les législations nationales n’étant pas préparées à affronter ce délit, le besoin de renforcement de capacités se fait de plus en plus crucial. C’est donc pour se mettre au pas que des magistrats venus des quinze pays de l'Afrique de l'ouest, ont pour la première fois été formés à la criminalité sur internet.

Soutenir les Etats qui souhaitent mettre en œuvre la Convention internationale sur la cyber-criminalité (Convention de Budapest), c’est le but visé à travers la formation à l’intention des magistrats ouest-africains à Dakar au Sénégal et qui s’est achevée en début de week-end. Cette formation est dispensée par des magistrats sénégalais comme Papa Assane Touré, ancien président du tribunal de Saint-Louis.

Ce stage est inspiré par  la récurrence des infractions liées à la cyber-criminalité portées devant les juridictions ouest-africaines ces jours-ci. En effet, « la connexion est de plus en plus développée en Afrique et en même temps, il y a des vulnérabilités qui se posent, des cas d’usurpation d’identité numérique, de fraudes, d’escroqueries en ligne, et cela est fréquent. », a dit le juge.

Malheureusement, lorsqu’un fait de cyber-ciminalité est porté en justice, ce sont dans la majorité des pays ciblés par la formation, des magistrats ordinaires, pas outillés, qui jugent l’affaire. Laurent Poda, procureur général auprès de la cour d’appel de Ouagadougou, au Burkina Faso, pays où il n’existe pas de textes en matière de cyber-sécurité, compte alors partager ce qu’il a appris avec ses confrères, afin notamment de mieux lutter contre le cyber-terrorisme. « Le Burkina, actuellement, fait l’objet d’attaques dans le nord du pays. Les terroristes utilisent justement le canal du cyber », explique-t-il.

Certes, des textes de loi sur la cyber-sécurité existent déjà dans certains pays comme la Côte d’Ivoire, mais dans leur grande majorité, les magistrats ivoiriens sont confrontés à l’absence de législation nationale. Pour Boubacar Ouattara, de l’administration centrale rattachée au ministère de la Justice en Côte d’Ivoire, « les connaissances des magistrats en la matière sont encore trop limitées ». « Je viens de découvrir le "dark web", raconte-t-il, rien que ça, c’est quelque chose qu’on va partager. Les infractions de droit commun, tout se retrouve dans la cyber-criminalité ».

A travers cette session de formation, des compétences techniques pouvant permettre une meilleure compréhension des dossiers ont été acquises. Les stagiaires ont aussi été dotés d’une meilleure façon de collecter des preuves sur internet avant qu’elles ne disparaissent. Ainsi, de nouveaux jours se lèvent sur la lutte contre la cyber-criminalité en Afrique occidentale.

Christophe SESSOU / beninmondeinfos.com

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