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Mar, mai

Cameroun : Paul Biya, toujours face à l’équation anglophone

Afrique
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Parties de la victoire du président Paul Biya contre le candidat anglophone John Fru Ndi à la présidentielle de 1992, les protestations des anglophones du Cameroun sont toujours d’actualités. Entre sécession et fédéralisme, les deux régions occidentales étalent à la face du monde, des revendications d’ordre politique, économique, social et judiciaire. Alors que le chef de l’Etat espère les avoir calmés en accédant à certaines de leurs doléances, les habitants de Bamenda et de Buea reviennent à la charge. La crise anglophone apparaît désormais comme un serpent de mer.

 La crise anglophone au Cameroun donne l’impression d’un feuilleton à rebondissements. Parties de façon banale de l’échec de leur candidat John Fru Ndi à la présidentielle de 1992, les protestations dans les régions anglophones n’avaient pas l’air de durer dans le temps. Face au silence du pouvoir, ils corsent un peu plus leur mouvement en réclamant l’autonomie.

Il est même parlé d’une République d’Ambazonie, devant réunir, les deux régions, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest anglophones. Les deux départements se disent marginalisés au plan politique, économique, social et judiciaire. Ils déplorent aussi être défavorisés par rapport à la redistribution des revenus du pétrole dont  leur sous-sol est nanti.

Pour alors résoudre la crise, le chef de l’Etat camerounais a posé des pas non moins importants. Il a instruit le gouvernement de prendre en compte les revendications exprimées par certains avocats anglophones quant au fonctionnement des services judiciaires, il a aussi créé une commission chargée, d’accélérer la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, la publication de la version anglaise par l’Ohada de son traité et de ses autres textes. D’autres mesures ont été envisagées au profit du système éducatif. En dépit de tout cela, les fédéralistes anglophones ne démordent toujours pas. Ils veulent d’un Cameroun comme d’un Etat fédéral avec une large autonomie des différentes régions. Pour cela, grèves des enseignants, avocats et autres fonctionnaires riment chaque jour avec la vie à Bamenda et à Buea.

Il faut toutefois souligner que certains actes du gouvernement enveniment la crise. Il s’agit de la coupure de l’internet dans les régions anglophones, l’incarcération de  certains leaders anglophones. Ils sont accusés d’actes de terrorisme, hostilité contre la patrie, sécession, révolution, insurrection, outrage au président de la République. Ils risquent la peine de mort. Et la cerise sur le gâteau, c’est la comparution annoncée ce vendredi  21 avril, de six personnalités catholiques dont trois évêques, au tribunal de première instance de Bamenda. Ceux-ci sont sommés de payer 150 milliards de FCFA pour avoir « pris position » dans la crise.

Depuis un quart de siècle, le président Paul Biya n’a pas la paix avec les revendications des régions anglophones. Alors que le chef de l’Etat, âgé aujourd’hui de 84 ans, est au soir de son règne, il fait toujours face à la question anglophone qu’il éprouve de plus en plus de difficultés à gérer.

 Christophe SESSOU / beninmondeinfos.com  

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