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Jeu, octobre

Rwanda / Génocide : Vers la lumière sur le rôle de la France ?

Afrique
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800.000 Tutsis ont été tués entre avril et juillet 1994 à la faveur du génocide rwandais. Alors que le rôle des grandes puissances occidentales est resté pendant longtemps tabou, l’on s’approche enfin vers la lumière sur la part de la France dans cette tuerie massive inédite. C’est à la faveur d’une requête introduite par un chercheur français au Conseil d’Etat en vue d’accéder aux archives.

Longtemps resté tabou et objet de brouille diplomatique entre les autorités rwandaise et française, le rôle de la France dans le génocide rwandais de 1994 s’en va être élucidé. En effet, le 7 mars dernier, François Graner, chercheur au Centre national de la recherche scientifique, a obtenu la transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur le conflit rwandais. Il s’agit d’une disposition du code du patrimoine et deux articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui à terme, permettrait d'établir le rôle joué par la France entre 1990 et 1995 au Rwanda. 

Alors que la présidence française avait annoncé en avril 2015, la déclassification partielle de ces archives, la mandataire des archives de l’ancien président François Mitterrand, Dominique Bertinotti s’était opposée à leur transmission au chercheur. Au cas où le Conseil d’Etat juge suffisamment sérieuse, la requête du chercheur, elle sera transmise au Conseil constitutionnel avant le 7 juin.

Alors, les Archives nationales n’auront pas un autre choix que de rendre accessibles les documents « classifiés » de la présidence de la République relatifs au rôle controversé  de la France au Rwanda entre 1990 et 1995.

Pour rappel, il y a  environ 15 mois, l’association Survie, a annoncé avoir déposé une plainte contre X visant des responsables politiques français pour des livraisons d’armes aux régimes rwandais dans la période. Ceux-ci ont planifié puis mis en œuvre, entre janvier et juillet 1994, le génocide des Tutsis du Rwanda. À l’appui de cette plainte, Survie a fourni, pour l’essentiel, des documents déjà connus, dont certains se rapportent à des livraisons d’armes antérieures au déclenchement des massacres à grande échelle commis à partir du 7 avril 1994.

En outre, un ancien officier de l’armée de terre française, Guillaume Ancel a révélé avoir pris part à l’opération française Turquoise, officiellement mandatée par l’ONU. En juillet 1994, il aurait été témoin de livraisons d’armes françaises aux auteurs du génocide.

Christophe SESSOU / beninmondeinfos.com

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