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Ven, novembre

RD Congo : Joseph Kabila sort le grand jeu pour s'accrocher au pouvoir

Afrique
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Après avoir longtemps nié son penchant pour un report des élections présidentielles censées avoir lieu en 2017, le régime de Joseph Kabila vient de jeter le masque. Au plus fort de la pression de la communauté internationale, les autorités congolaises évoquent entre autres, les violences dans le Kasaï pour justifier un probable report de ce scrutin capital pour la paix en RD Congo. Du coup, Joseph Kabila dont le mandat est venu à terme depuis le 20 décembre 2016, trouve-là un prétexte pour s'accrocher au pouvoir.

Peut-être les pièces du puzzle concernant un probable report des élections présidentielles en RD Congo se mettent en place. Longtemps soupçonné de vouloir inventer des subterfuges pour ne pas organiser les élections présidentielles de 2017, conformément à l’accord politique du 31 décembre 2016, le régime de Joseph Kabila vient de jeter le masque. C’est à travers les prises de positions de deux personnalités du régime, et pas des moindres, au cours du weekend écoulé.

Il s’agit d’abord de celle de Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Depuis  son séjour parisien, le président de la Céni  a confié qu’il ne serait "pas possible" d’organiser les élections avant la fin de l'année, "dans les conditions fixées par l'accord" de la Saint-Sylvestre, évoquant des conditions de sécurité précaires dans plusieurs provinces du pays. Aussi, souligne-t-il que « le Conseil national de suivi de l'accord et du processus électoral, le gouvernement et la Céni » sont les seules habilités à décider d’un éventuel report.

A sa suite, ce sera le tour d’un membre du gouvernement en la personne du ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu de soulever le retard de l’opération d’enrôlement des électeurs dans le Kasaï compte tenu des violences pour évoquer un probable report. En définitive, deux institutions sur trois optent pour le report, alors que la troisième n’est même pas encore mise sur pied.  

En termes clairs, le compte à rebours pour un report des élections générales prévues pour se tenir en décembre prochain a déjà commencé. Il ne reste qu’un acte officiel du régime de Joseph Kabila pour le confirmer. Du coup, Joseph Kabila confirme que la communauté internationale et l’opposition avaient raison de le soupçonner de vouloir prendre pour alibi, l’insécurité dans la province du Kasaï pour le report du scrutin. Un scénario  qui permet au chef de l’Etat de se maintenir  au pouvoir en dehors du terme constitutionnel sans modifier la loi fondamentale. Et tant que l’ensemble du pays ne serait pas pacifié, l’insécurité pourrait toujours justifier un troisième, voire un  quatrième mandat.

Partisan d’une application chaotique de l’accord de la saint Sylvestre et adepte d’un glissement du calendrier électoral au vu des violences dans le Kasaï, le président Joseph Kabila apparaît plus que jamais comme un  pêcheur en eau trouble.

Au pouvoir depuis 2001, le second mandat du président Kabila est arrivé à terme depuis le 20 décembre 2016.  La constitution lui interdit de briguer un troisième mandat. Mais suite à une décision de la Cour constitutionnelle, entérinée par l'accord politique du 31 décembre, le chef de l’Etat continue de diriger le pays.

Christophe SESSOU / beninmondeinfos.com

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