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Dim, octobre

CPI : Le Général Mangou plonge le président Gbagbo à la barre

Afrique
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Entendu par la Cour pénale internationale ( Cpi), ce lundi 02 octobre 2017 à titre de témoin, le Général Philippe Mangou a plongé à la barre le Président Laurent Gbagbo dont il était  alors le Chef d’Etat-major des Armées. Un témoignage qui pourrait apporter du mordant à ce procès plein de suspense.

« Le 7 décembre 2010, le dernier gouvernement du président Gbagbo a été mis en place. Trois jours plus tard, c’est-à-dire le 10 décembre 2010, le président m’appelle. Il me demande de venir le voir dans son bureau vers 15h30. Je trouve le président ( Laurent Gbagbo) debout avec à ses côtés feu le Ministre Désiré Tagro.

Et le président de me dire ceci : « Tagro revient d’une mission du Togo où il a rencontré dans sa chambre d’hôtel Koné Zakaria (ex-seigneur de guerre de la rébellion des Forces nouvelles, tombé en disgrâce auprès de Guillaume Soro, en 2007, NDLR). Après avoir parlé avec lui, Koné Zakaria est d’accord, moyennant 500 millions de francs CFA (763 000 euros), en vue de s’acheter des armes, des munitions et autres, de désorganiser le dispositif des Forces nouvelles à l’Est de la Côte d’Ivoire. Je voulais que tu vois où Koné Zakaria peut commencer son action ».

Je lui ai répondu : ‘’Monsieur le président, si vous avez une telle somme d’argent, remettez-la-nous. Vous savez que nous n’avons pas d’armes et de munitions. Pourquoi est-ce par l’Est de la Côte d’Ivoire qu’il a décidé de commencer son action ?’’. Le ministre Tagro a répondu : ‘’C’est par là qu’il a décidé de commencer son action’’. J’ai dit : ‘’Monsieur le Président, je m’excuse, mais je n’ai pas de carte sous les yeux pour vous indiquer par où Koné Zakaria doit commencer son action’’ ».

Ce sont-là en substance quelques propos tenus par le Général Philippe Mangou ce lundi 02 octobre à la barre alors qu’il comparaissait à titre de témoin dans le procès de l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé devant la CPI. Ces propos, comme il est aisé de le constater ne sont pas favorables à son ex mentor qui répond devant la CPI des chefs d’accusation aussi graves que ceux de crime contre l’humanité. Les aveux de Philippe Mangou à tout le moins incendiaires pourraient donc apporter de l’eau au moulin de l’accusation qui faisait face jusque-là à des retournements spectaculaires de témoins démarchés pour accabler l’ex président ivoirien. Les jours qui viennent sont annonciateurs de rebondissements dans ce procès qui tient toute l’Afrique en haleine.

Thomas d’Aquin SOTON

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