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Dim, octobre

Togo : L’opposition veut éviter le piège du référendum

Afrique
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L’opposition togolaise ne croit pas que l’organisation d’un référendum dans le contexte actuel soit la porte de sortie dans la crise politique que traverse le pays depuis plusieurs mois. Une position qu’elle entend faire savoir à nouveau dans les rues à la communauté internationale qui croit au référendum comme la panacée à la crise actuelle.

Les leaders de l’opposition au Togo ne veulent pas baisser les bras face au bras de fer politique ouvert contre le régime du président Faure Gnassingbé depuis plusieurs mois. Alors que la communauté africaine et internationale invite le pouvoir à organiser le référendum attendu pour mettre fin à la crise actuelle et surtout arrimer le Togo « avec les normes démocratiques reflétant les meilleures pratiques en Afrique de l’ouest », l’opposition togolaise dit ne pas partager les mêmes analyses et ne croit pas non plus que la panacée soit la tenue d’un référendum.

«  Nous sommes contre un référendum qui cristalliserait la division au sein des Togolais », se défendent les leaders de l’opposition qui ne voient la solution à la crise actuelle que par le retour de la constitution de 1992 qui fixe clairement la limite du mandat présidentiel et promeuve l’alternance à la tête de l'Etat. La coalition des partis de l’opposition dit ne pas être contre l’idée du référendum mais estime que les conditions ne sont pas réunies pour y aller actuellement dans un contexte politique survolté. L’opposition craint aussi les risques de manipulation des résultats de ce référendum par le pouvoir et veut éviter le piège de se faire conduire à l’abattoir.

Au terme d’une conférence donnée ce 10 octobre à Lomé, les leaders de l’opposition ont annoncé la tenue d’une marche le 18 octobre prochain sur le siège de la communauté des économique des Etats de l’Afrique de l’ouest ( CEDEAO) pour aller signifier à l’institution sous-régionale leur hostilité à l’organisation d’un réferendum dans les conditions actuelles.

Faudra-t-il le rappeler, fin septembre, les députés du parti au pouvoir ont voté à la majorité des deux tiers le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale. Ce projet, qui porte modification des articles 52, 59 et 60 de la Constitution, limite notamment le mandat présidentiel à deux et instaure le scrutin uninominal à deux tours pour l’élection du président de la République.

 

Faute de majorité à l’Assemblée  – la réforme constitutionnelle nécessitant une majorité des 4/5èmes  pour être promulguée -, le texte sera donc soumis au peuple par référendum dont la date n’est toujours pas fixée. 

T.A.S

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