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Dim, octobre

Côte d’Ivoire / Affaire cache d’armes : Jusqu’où peut aller Alassane Ouattara ?

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L’affaire de cache d’armes découvertes  à mi-mai  à Bouaké dans une villa appartenant  à l’un des hommes de main de Guillaume Soro , continue de faire des vagues. Lundi, le procureur a placé sous mandat de dépôt pour complot à l’autorité de l’Etat, Souleymane Kamagaté Koné, chef protocole du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. L’inculpé très proche du président du parlement ivoirien, a publié une lettre ouverte dans laquelle il accuse clairement le président Alassane Ouattara de viser dans ce dossier Guillaume Soro.

Dans la nuit du 14 au 15 mai 2017, alors que les mutineries s’enchaïnaient, une cache d’armes importante a été découverte dans une villa à Bouaké. L’enquête judiciaire ouverte a permis  aux autorités policières et judiciaires d’interpeller  et d’écouter le propriétaire de la villa où se trouvaient les armes, Souleymane Kamagaté Koné alias Soul To soul, chef protocole et homme de confiance du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro.  

Depuis lors, l’enquête a évolué au point de déboucher ce lundi 09 octobre à l’inculpation de Souleymane Kamagaté Koné pour complot contre l’autorité de l’Etat. En raison de la gravité du chef d’accusation, le procureur l’a aussitôt placé sous mandat de dépôt. Ainsi, l’un des hommes de main de Guillaume Soro qui agissait certainement en son nom, est tombé dans les mailles du filet du pouvoir du président Ouattara.

Quarante-huit heures après son arrestation, Soul To Soul a publié une lettre ouverte dans laquelle il avoue que les armes découvertes étaient celles qui avaient servi à porter Alassane Ouattara au pouvoir et qu’en réalité à travers son arrestation, c’est plutôt Guillaume Soro  qui est visé par Alassane Ouattara. Cette lettre ouverte a été aussitôt relayée sur la page Facebook du président de l’Assemblée nationale ivoirienne.

Guillaume Soro dans le collimateur de Ouattrara

Au temps fort des mutineries successives qui ont secoué en janvier et en mai derniers, le pouvoir de Ouattara , au point de le contraindre à sortir plusieurs dizaines de milliards pour calmer les mutins et obtenir la paix, l’ombre de Guillaume Soro avait plané sur ces événements.

Derrière ses bruits de bottes de ses anciens éléments, beaucoup voyait les mains de Guillaume  Soro qui  utiliserait ces soldats (des ex forces nouvelles) comme des moyens de pression chaque fois que  Alassane Ouattara mettrait ses intérêts en jeu.  

A Vrai dire, ces événements successifs qui avaient failli ébranler le pouvoir exécutif, ont laissé un arrière-goût amer à Ouattara au regard des complicités bien établies entre ces soldats mutins et Guillaume Soro. Conséquence, ADO avait fini par tenir à l’œil son allié, le président de l’Assemblée nationale.

La disgrâce de Guillaume  Soro devant Alassane Ouattara avait eu pour point de départ ces événements. Le président de la république ivoirienne à qui remontaient régulièrement plusieurs fiches des services secrets de l’intérieur comme de l’extérieur établissant que son allié Guillaume Soro, ancien leader des Forces nouvelles, était une véritable poudrière qu'il fallait toujours  garder à l’œil. Et c’est ce que fit Alassane Ouattara en engageant le démantèlement de l’arsenal de guerre de Guillaume Soro mais aussi en l’affaiblissant au plan politique. L’affaire de la cache d’armes  entre dans ce cadre et Souleymane Kamagaté Koné n’exagérait pas en accusant directement le président Ouattara de viser Guillaume Soro à travers son arrestation.

Au plan politique, pour affaiblir Guillaume Soro, le président Alassane Ouattara a confié le portefeuille de la Défense  à Ahmed Bakoyoko avec rang de ministre d’Etat et lui a donné carte blanche pour faire le ménage au sein des forces armées ivoiriennes. Un ménage qui a permis d’évincer les hommes de main de Guillaume Soro des postes stratégiques qu’ils occupaient précédemment au sein de la hiérarchie militaire. Des cadres du nord jugés proches de Guillaume Soro, ont été aussi débarqués de leurs hautes fonctions civiles. 

Au total, un rouleau compresseur  venant de l’exécutif encercle quotidiennement le président du parlement ivoirien et ce dernier est surveillé comme du lait sur le feu. La question qui est sur les lèvres, c’est de savoir jusqu’où peut aller le président Alassane Ouattara dans son dessein d’affaiblir Guillaume Soro et de le mettre surtout hors d’état de nuire ? Car c’est de cela qu’il s’agit. L’affaire dite de cache d’arme qui vient de prendre dans ses filets l’un des hommes de confiance de Guillaume Soro, n’a pas encore livré tous ses secrets. Si Souleymane Kamagaté Koné est accusé de complot contre l’autorité de l’Etat, qu’en sera –t-il de celui dans l’intérêt de qui agissait le collaborateur de Guillaume Soro ?

Affaire à suivre..

Bernadin MONGADJI

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