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Dim, octobre

RD Congo / Report en 2019 de la Présidentielle : Joseph Kabila plus fort que tous

Afrique
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Le président Joseph Kabila est parvenu à ses fins face à l’opposition radicale qui espérait le coincer avec l’accord de la saint Sylvestre. En faisant boire la pilule de l’impossibilité d’organiser le scrutin présidentiel et les autres avant 2019, il réalise un vieux plan. Rien ne peut plus l’empêcher d’aller dès à présent plus loin.

Les élections générales en RDC prévues pour se tenir au plus tard en juin 2018, selon l’accord conclu entre l’opposition et le pouvoir, ne devraient plus avoir lieu à  cette échéance. Le président de la Commission électorale indépendante ( Céni) , a fait savoir ce 11 octobre qu’il lui était  techniquement impossible d’organiser ces élections avant  2019.

Du coup, c’est le président Joseph Kabila qui se frotte bien les mains et l’opposition pour mordre la poussière. L’accord de la Saint-Sylvestre obtenu sous l’égide de la conférence épiscopale congolaise avait prévu que les élections aient lieu en 2017 ou au pire des cas au premier semestre de 2018. Cet accord obtenu au forceps avait eu l’avantage de décrisper l’atmosphère politique viciée par les velléités du président Joseph Kabila de s’accrocher au pouvoir au terme de son second mandat constitutionnel échu le 20 décembre 2016. Selon la constitution encore en vigueur en RDC, il lui était impossible de briguer un nouveau mandat, sauf cas de forcing.

En dépit donc de l’accord de la Saint-Sylvestre, Joseph Kabila avait conduit la danse, menant le jeu et multipliant les entourloupes pour retarder la mise en application des clauses de cet accord. Il a donc eu le temps de fragmenter et de diviser l’opposition avant d’aller chercher un Premier ministre dans les décombres de celle-ci.

L’annonce du président de la Céni ce 11 octobre et selon laquelle il lui était quasiment impossible d’organiser les élections générales avant 2019, n’était en réalité que l’exécution d’un plan savamment mis en place par Joseph Kabila depuis le début des négociations avec l’opposition. Une opposition qui mord la poussière faute de cohésion dans ses rangs.

Constitutionnellement, le mandat de Joseph Kabila est venu à expiration depuis le 20 décembre 2016. Si l’accord de la Saint-Sylvestre lui permettait de rester au pouvoir jusqu’à l’organisation du scrutin présidentiel précédemment fixé pour fin 2017 ou au premier semestre de 2018 au pire des cas, le coup de pocket du président de la Céni lui offre un bonus d’un an et demi. Ce qui lui fait gagner trois ans hors mandat constitutionnel.

Dans ce cas, personne ne sera surpris que d’ici à  2019, Joseph Kabila ne trouve à nouveau la brèche pour se présenter à la prochaine élection présidentielle alors que la constitution actuelle du Congo l’en empêche. Il lui suffira de sauter un verrou en faisant amender la loi fondamentale. Et cette prouesse, il en est bien capable.

 

Bernadin MONGADJI

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