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Sam, novembre

Liberia : Le scrutin présidentiel glisse vers l’impasse

Afrique
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A huit jours du second tour de la présidentielle au Liberia prévu pour le 7 novembre, l’incertitude plane sur la tenue du scrutin. Et pour cause : les recours des contestations des résultats du premier tour s’entassent sur la table de la commission électorale à charge de statuer sur ceux-ci pour la suite du scrutin présidentiel.

Après le candidat arrivé troisième au premier tour Charles Brumskine, c’est autour  de Joseph Boakai , le candidat du parti au pouvoir  de contester les résultats du scrutin du 10 octobre.

 Joseph Boakai  arrivé deuxième au premier tour, a dénoncé ce dimanche 29 octobre  des « fraudes systématiques et à grande échelle » lors du premier tour de l’élection présidentielle, invitant la commission électorale à statuer sur ces irrégularités.

 Ces contestions s’ajoutent à celles de Charles Brumskine qui avait dénoncé quelques jours plus tôt devant la commission électorale « d’importantes irrégularités » qui avaient entaché, de son avais, le scrutin du 10 octobre.

Vers une impasse

Les contestations du premier tour de l’élection présidentielle du 10 octobre dernier au Liberia ouvrent un contentieux qui pourrait aboutir à l’annulation du scrutin présidentiel et au report de la date du second tour fixée au 7 novembre prochain.

 Au cas où la commission électorale donnait une suite favorable aux recours des contestataires, de nouvelles élections seront organisées et le Liberia s’acheminerait vers le scénario kenyan avec toutes les incertitudes que cela renferme.

Pour un pays pauvre comme le Liberia, l’annulation du premier tour du scrutin  présidentiel apparaîtrait  comme un gâchis vu les moyens matériels et financiers mis en œuvre dans l’organisation de ce scrutin.

La cerise sur le gâteau dans le cas libérien et chose aussi inhabituelle en Afrique, c’est que le parti au pouvoir dont le candidat est arrivé deuxième avec 29,1% des suffrages, s’est aussi mêlé à la contestation, allant jusqu’ à mettre en cause la présidente sortante, Ellen Sirleaf accusée d’avoir rencontré des membres de la commission électorale à la veille du scrutin.

D’un côté, il faut aussi craindre que le candidat arrivé premier au premier tour, George Weah, ne rajoute  à cette contestation en refusant le verdict de la commission électorale au cas celui-ci ne lui sera pas favorable.

 Le Liberia, pays portant encore les stigmates de longues années de guerre civile, et qui semble avoir tourné la page avec les deux mandats de Ellen John Sirleaf, reste tout de même fragile et une étincelle suffit à mettre à nouveau le feu sur ce pays.

Consciente de la fragilité du pays, la présidente sortante, avait d’ailleurs appelé, à la veille du premier tour, les Libériens  à mesurer « le chemin parcouru » depuis la guerre civile qui a ravagé ce pays entre 1989 et 2003, faisant quelques 250.000 morts.

Selon les résultats du premier tour du scrutin du 10 octobre, la star  du football, George Weah, 51 ans, était arrivé largement en tête avec 39% des voix, devant Joseph Boakai, 72 ans, qui avait obtenu 29,1% des suffrages. Les deux challengers étaient attendus pour un second tour annoncé pour le 7 novembre prochain. Tiendra-t-il ou non, les regard sont désormais tournés vers la commission électorale.

 

Thomas d’Aquin SOTON

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