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Lun, décembre

France / Présidentielle: Macron trace ses sillons

Europe
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Depuis sa démission surprise du gouvernement Valls le 30 août dernier, Emmanuel Macron ne se repose plus. Il arpente inlassablement différentes allées de la sphère socio-politique française, sans se soucier du qu'en dira-t-on. Même s'il continue d'entretenir quelque mystère sur ses réelles intentions, nombre d'observateurs voient de plus en plus, un candidat en plein round d'échauffement pour la présidentielle de l’année prochaine.

 

Patron du mouvement politique "En marche", Emmanuel Macron s'est récemment débarrassé, à la surprise générale, du ministère de l'économie à Bercy, tel un fardeau encombrant. Depuis, il semble désormais mettre le cap sur l'Elysée, le regard fixé sur la fauteuil de son ex mentor. Gros challenge pour le trentenaire banquier d'affaires, à peine initié à la vie politique. Mais Emmanuel Macron ne semble guère s'inquiéter des crocodiles et autres requins, tapis dans l'arène. Toujours avec cette insouciance de jeunesse qui fait la différence avec ses potentiels adversaires, il avance, à peine masqué dans un labyrinthe jonché de ronces. 

Après le grand saut, mardi 30 août, ses premiers pas en disent long sur sa détermination à bousculer l'establishment. Et son discours commence à séduire.  "Je souhaite aujourd'hui entamer une nouvelle étape de mon combat, et construire un projet qui serve uniquement l'intérêt général", annonçait-il, en passant service. Pour lui, il est impérieux d'opérer "les transformations en profondeur" du système politique, économique, social de la France "qui demeure trop largement bloqué".

Depuis, Emmanuel Macron n'en finit pas de tracer ses sillons, parcourant monts et vallées, distillant ses idées comme pour préparer les esprits. "Ce dont le pays a besoin, ce n’est pas d’un homme ou d’une femme providentiel. C’est d’avoir un projet cohérent qui aussi réconcilie. On peut ne pas être d’accord. Il ne faut pas se bunkériser. Il faut y aller sans agressivité, avec beaucoup de détermination et de respect. C’est ça que je veux faire", annonçait-il au Sallon de coiffure en début de semaine. Invité ce mercredi sur une émission dans l'hebdomadaire Le 1, Emmanuel Macron commence par esquisser les axes clés de sa démarche pour sortir des "blocages". Il évoque même les questions sensibles de l'heure, comme celle du burkini, estimant judicieuse l'interdiction à certains endroits. Et de conclure: "Je ne vois pas de condition extérieure à ma candidature", clarifie-t-il, estimant que "le ciel est la limite". 

Ainsi, sans crier gare, le jeune prodige de la politique française pousse ses pions, avec un discours qui suscite de plus en plus des frissons. " Monsieur Macron, un personnage sur qui on comptera", assurait un visiteur au Salon de coiffure tandis qu'un exposant lançait: "On compte sur vous pour nous défendre, nous les patrons".

Bruno O. OTEGBEYE 

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