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Lun, décembre

France /Présidentielle 2017 : Sarkozy annonce un " plan Marshall pour l'Afrique"

Europe
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L'ancien président français et candidat à la primaire des Républicains pour le compte de la présidentielle française de 2017 a levé un coin de voile ce vendredi 7 octobre sur Rfi, sur ses ambitions pour l'Afrique, s'il était élu. Le président des Répuclicains, l'un des favoris à la primaire de la droite et du centre, évoquent entre autres, l'idée d'un "plan Marshall" pour l'Afrique. Il a également tenté de mettre fin à certains sujets polémiques qui lui collent à la peau depuis peu.

 

"Je ferai de l’Afrique l’une des toutes premières priorités de la politique étrangère française", campe d'entrée Nicolas Sarkozy ce vendredi. "Il faut considérer que le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique sont liés par la géographie, d’abord, par l’histoire, ensuite", lance-t-il, convaincu que "l'échec de l’Afrique serait un drame pour l’Europe". Il parie même que l'Afrique est la clé de solutions aux problèmes de l'Europe, notamment la crise migratoire, d'où l'idée de plan Marshall. "Je veux, comme première priorité, poser les bases d’un gigantesque plan Marshall de développement de l’Afrique. C’est la seule solution pour tenter de maîtriser des pulsions et des mouvements migratoires dont l’ampleur est sans précédent depuis l’origine de l’humanité", soutient-il. L'ancien chef de l'Etat  veut s'appuyer  sur un certain nombre de chiffres précis. "L’Afrique va passer en trente ans de 1 milliard à 2,3 milliards. Dans trente ans, le 3e pays le plus peuplé du monde sera le Nigeria, plus d’habitants que les Etats-Unis d’Amérique. Et au Sahel, on considère qu’il y aura 200 millions de familles avec un taux de natalité grosso modo entre 6 et 8, pour ce que les statistiques sont fiables. Donc, si les jeunes Africains ne trouvent pas du travail en Afrique, nous avons là les clés et les conditions d’un drame entre l’Afrique et l’Europe", explique-t-il. Il en conclut que "l'argent investi par l’Europe doit s’investir dans le développement de l’Afrique beaucoup plus qu’en pure perte pour soutenir la Turquie, voire d’autres pays européens".

 Quelques sujets de controverse... 

Nicolas Sarkozy s'est également prononcé sur plusieurs autres sujets, notamment, les présidentielles de 2009 et 2016 au Gabon, la crise djihadiste au le Sahel, la guerre en Libye, l'impasse politique en Rdc, etc. 

Sur sa fameuse déclaration de Dakar en 2010 où il postulait que "les Africains n'étaient pas suffisamment rentrés dans l'histoire", l'ex président revient avec une posture beaucoup plus conciliante, "Cette phrase en soi n’est pas choquante, mais si elle n’a pas été comprise, c’est sans doute de ma faute. Qu’est-ce que je dis aux Africains ? Qu’ils n’ont pas la place qu’ils méritent dans l’organisation internationale du monde. Je n’accepte pas qu’il n’y ait pas un seul pays africain membre du Conseil de sécurité. Membre permanent, pas membre élu. Dans mon esprit, il en faudrait au moins deux" se défend-il. "J’ai parlé de la nécessité pour l’Europe de construire un grand plan Marshall. Je veux le conditionner à un accord sur la lutte contre l’immigration clandestine et l’obtention des visas. Et notamment des visas de retour. L’Afrique doit prendre toute sa place dans la gestion des grands dossiers du monde. C’est pourquoi j’ai voulu que l’Afrique du Sud soit membre du G20, et que je veux la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies avec deux postes pour l’Afrique", déclare Nicolas Sarkozy.

Au sujet du présumé financement de sa campagne en 2012 par Kadhafi, Nicolas Sarkozy botte en touche. "Mais enfin… Combien de temps allez-vous vous rouler dans le caniveau ? Je vous pose la question à vous. Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? La guerre en Libye a duré dix mois. Pendant dix mois, le colonel Kadhafi était vivant. S’il avait eu la moindre pièce contre moi, pourquoi ne s’en est-il pas servi ? Vous ne vous êtes jamais posé la question ?", interroge-t-il, convaincu d'être, à nouveau victime d'une "grotesque" cabale dictée par l'agenda de la future présidentielle française.

Bruno O. OTEGBEYE 

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