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Lun, décembre

France / Présidentielle de 2017: La gauche s'organise sans François Hollande 

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La récente déclaration de Claude Bartolone, appelant de ses vœux, entre autres, un duel Hollande-Valls pour le compte de la primaire à gauche, sonne comme une volonté manifeste du président de l'Assemblée nationale, de mettre hors jeu, le président sortant, François Hollande. Une attaque frontale qui en dit long sur l'état d'âme au sein de la gauche, à quelques mois d'une présidentielle qui s'annonce des plus périlleuses.

La gauche française en lambeaux. C'est peu dire d'une situation de déconfiture soigneusement cuisinée par le bloc au pouvoir, alors que l'échéance de mai 2017 approche à grandes enjambées. Pendant que la droite resserre ses rangs, avec un quasi plébiscite pour François Fillon à la dernière primaire, la gauche continue de se manger le nez, visiblement en mal avec son président qui devrait, en toute logique, reprendre le flambeau.

L'estocade est venue du parlement, haut lieu de la politique française, des mains du président de l'institution lui-même, Claude Bartolone. "Je souhaite qu'Emmanuel Macron participe à la primaire, je souhaite que Manuel Valls participe à la primaire, je souhaite que François Hollande participe à la primaire, je souhaite que Jean-Luc Mélenchon vienne exprimer au sein de la primaire sa différence", lance le chef du parlement qui estime que "ce n'est pas une petite primaire qui peut nous sauver". Déclaration faite justement à l'occasion d'un rassemblement de sauvetage, initié par Martine Aubry.

Un boulevard ouvert devant le président sortant pour le sortir du jeu. Il n'en fallait pas plus pour que Manuel Valls monte sur ses sabots, avec de virulentes charges contre son patron. Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, le premier ministre estime que François Hollande est quasiment disqualifié pour briguer un second mandat. Pour lui, les propos tenus par le président sortant dans l'ouvrage "Un président ne devrait pas dire ça" ont installé dans l'esprit des Français "l’idée que la gauche n’a aucune chance". "Chacun doit mener ses réflexions en responsabilité. Je prendrai ma décision en conscience", conclut-il, déterminé à écarter Hollande du jeu. Le récent voyage en terre africaine avait d'ailleurs démasqué Manuel Valls dans sa stratégie. Lui qu, au prix même d'un reniement de ses positions anti-Ali Bongo, avait choisi l'Afrique, comme champ d'essai.

Une gauche en menus morceaux

Visiblement, le silence et l'éventuelle candidature de François Hollande, toujours droit dans ses bottes, dérangent à la gauche française. Beaucoup, à l'instar de Claude Bartolone qui aurait reçu quelques flèches du président, lui en veulent toujours d'avoir tenu des propos peu catholiques, fuités par les plumes d'un journaliste.

Conséquence, sept candidatures sont déjà enregistrées au sein de la gauche, dont, Sylvia Pinel pour le Parti radical de gauche encore membre du gouvernement avec trois portefeuilles, Jean-Luc Mélenchon, porté par des militants communistes, Yannick Jadot pour les verts, etc. Un éparpillement qui tranche avec l'impressionnante posture de rassemblement qu'adopte la droite, l'éternelle rivale, dans la foulée de ses primaires qui a consacré ce dimanche, le triomphe de François Fillon. Un sérieux avertissement pour l'ennemi socialiste et tout le magma de gauche.

Bruno O. OTEGBEYE

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