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Lun, décembre

France / Présidentielle : De Hamon et de Valls qui défendra l’étendard de la gauche ?

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Le premier tour de la primaire socialiste s’est soldé par la victoire de Benoît Hamon (36,35%) et de Manuel Valls (31,11). Deux ex collaborateurs de François Hollande au style diamétralement opposé, qui devront s’expliquer dans les urnes pour dégager le candidat de la gauche. 

Qui de Benoît Hamon ou de Manuel Valls ravira le jackpot ? C’est la grande interrogation à laquelle vont répondre, dimanche prochain, les électeurs de la gauche, convoqués pour le compte du second tour de la primaire. Depuis la proclamation des résultats ce dimanche 22 janvier, chacun de ces deux candidats a repris son bâton de pèlerin, dans l’optique du sacre final.

Tombé en disgrâce depuis sa sortie du gouvernement, Benoît Hamon, ex ministre de l’éducation ne manquera pas de tacler le régime Hollande, dont il ne s’est beaucoup éloigné de la ligne. Dans cet élan, Benoît Hamon pourra s’adjuger les services d’un certain Arnaud Montebourg, venu en troisième position, et qui ne jure que par son anti-Valls. Un soutien qui pèsera lourd dans la balance, tant le rejet du quinquennat Hollande semble être de plus en plus la chose la plus partagée à la gauche française. D’où la délicate posture de Manuel Valls, grand héritier et défenseur acharné de ce bilan. Il ne peut d’ailleurs en être autrement quand on sait que plus de deux ans, Manuel Valls a été à la tête du gouvernement est en reste entièrement comptable. Si l’ex premier ministre semble moins confortable que son challenger du second, en raison notamment du soutien d’Arnaud Montebourg (environ 17%), il pourrait bénéficier du soutien de l’écurie Hollande dont il semble le mieux porter les idéaux, même si entre les deux hommes, ce n’est pas le parfait amour.

En attendant, les deux challengers lancent toutes leurs forces dans la bataille, dans l’espoir de convaincre le plus d’électeurs possible, et faire pencher la balance. Seul arbitre de ce match, le peuple français tranchera dans les urnes, dimanche 29 janvier prochain.

La France, une tendance anti-système

Le vote du dimanche dernier révèle un caractère de plus en plus marquant de l’électorat français. Après l’éviction surprise de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé par François Fillon, (impensable il y a quelques mois), c’est le tour de Benoît Hamon de reléguer le pétillant ex premier ministre Manuel Valls au second rang, déjouant à nouveau les pronostics. Les primaires de la gauche et de la droite laissent entrevoir un glissement de l’électorat français vers les candidats relativement neufs, qui ont l’avantage de ne pas avoir trop subi une certaine usure du pouvoir. Dans le duel pour le second tour de la primaire socialiste, il ne serait pas surprenant que Benoît Hamon, avec l’aide de ses amis, parachève l’œuvre entamée, en écartant définitivement Manuel Valls de la course. Tout comme ce ne serait pas non plus surprenant, que la France, dans sa quête du tout neuf, trouve mieux que Fillon et Hamon, si ce dernier réussissait évidemment à passer l’obstacle Valls.

Bruno O. OTEGBEYE

 

       

 

 

 

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