24
Mar, octobre

Usa / Présidence Obama : La grosse désillusion pour l'Afrique

Amériques
Typographie

Le président américain achève son deuxième mandat dans quelques mois. Secoué en début de mandat par la crise financière de la fin des années 2000, le premier président noir américain a réussi à tirer son épingle du jeu. La quasi-totalité des indicateurs sont au vert. Seul hic et non des moindres, le bilan africain du président américain d'origine kenyane laisse un arrière goût amer. Un gâchis, estiment des milliers de jeunes qui rêvaient d'une nouvelle ère dans les relations afro-américaines.

L'arrivée au pouvoir de Barrack Obama, le premier Africain à la tête de la première puissance mondiale, avait suscité une euphorie partout sur le continent. Jeune, dynamique, intelligent, Barrack Obama avait réussi à convaincre les Africains de sa capacité à transformer l'impossible, notamment avec son slogan fétiche "Yes we can". Son ascension fulgurante au sommet de la politique américaine était perçue comme une marque de génie, avec le rêve secret de voir ce génie changer le cours tumultueux de l'histoire afro-américaine. Seulement voilà!

Au bout de huit années d'exercice du pouvoir, nombre d'analystes estiment que le président Barrack obama est probablement celui qui bat le record des maigres bilans pour le continent. Durant ses deux mandats, il n'aura visité le continent africain que trois fois. Trois voyages que d'aucuns assimilent à une ballade de santé, tant le président américain semblait planer sur une autre planète, sentant à peine la misère qui tenaille ses frères du continent. Les quelques idées mises en branle par le chantre du "yes we can" manquent de visibilité, incapables de féconder dans un environnement marqué par une paupérisation à outrance. Initiateur du Young african leaders initiative (Yali), du forum d'affaires Usa-Afrique, et récemment du projet "Power Africa" pour l'énergie, Barrack Obama n'aura nullement réussi à faire bouger les lignes. L'Afrique a finalement le sentiment d'avoir servi une fois encore de faire-valoir à des concepts agités par l'Occident et auxquels elle est totalement étrangère.

Un aveu d'échec presque...

Faisant son propre bilan au dernier Yali, le président américain déclare: "Au cours des sept dernières années et demie, je me suis efforcé de transformer la relation de l’Amérique avec l’Afrique de telle sorte que nous devenions des partenaires égaux. Comme me l’ont dit beaucoup d’Africains, vous voulez du commerce, et non de l’aide, du commerce générateur d’emploi et de croissance". Le président américain a même juré son attachement au continent, estimant que "le monde ne pourra ni relever le défi du changement climatique ou du terrorisme, ni améliorer les droits des femmes… sans une Afrique en pleine croissance, dynamique et autosuffisante". Et d'ajouter qu'il vient de signer un décret pour "que les Etats-Unis soutiennent "davantage les entreprises américaines qui souhaitent faire des affaires en Afrique", annonçant au passage l'organisation à l'automne du deuxième forum d'affaires Usa-Afrique, pour soutenir l'investissement sur le sol africain. Des propos qui sonnent comme une véritable incantation presque, mais qui n'ont rien de surprenant a priori.

En réalité, le format de la gouvernance américaine laisse très peu de place à l'Afrique. Un continent qui ne compte vraiment pas pour l'Occident, au-delà des discours. La ligne de la politique américaine n'a pas changé. L'Afrique est plutôt vue sous le prisme d'une menace pour la sécurité intérieure des États-Unis. D'où la concentration des efforts sur les problèmes de terrorisme. Soudan, Libye, Somalie, etc sont étroitement surveillés au département d'Etat à la sécurité, et bénéficient d'importants budgets à la mesure de l'enjeu.

Pour une nouvelle ère de coopération entre les États Unis et l'Afrique, demain ne semble pas être la veille, quel que soit le président.

Bruno O. OTEGBEYE 

Annonce

Nous suivre

Inscrivez-vous gratuitement à notre liste de diffusion et soyez notifié dès qu'une nouvelle information arrive.