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Sam, décembre

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 Mossa Ag Attaher, deuxième personnalité du Mouvement national pour la libération de l’Azawad(MNLA)  a passé toute la journée de ce samedi 16 janvier 2016 dans les locaux de la gendarmerie burkinabè dans le cadre de l’enquête des suites de l’attaque suivie de prise d’otage de la veille. Concomitamment, d’importantes décisions sécuritaires ont été prises en conseil des ministres par le gouvernement burkinabè.

« Est-ce que vous avez des informations sur une menace imminente sur le Burkina ? Est-ce que le MNLA a des liens avec ceux qui opèrent et qui menacent le Burkina aujourd’hui ? » Ce sont là des questions revenues chaque fois au cours de l’interrogatoire du numéro 2 du MNLA ce samedi 16 janvier 2016 dans les locaux de la gendarmerie à Ouagadougou. L’interpelé  se nomme Mossa Ag Attaher et est le porte-parole du MNLA. Selon les déclarations de ce dernier, c’est une expédition militaire qui s’est rendue à son domicile au matin de ce samedi 16 janvier 2016. Il s’agissait d’une dizaine de gendarmes lourdement armés portant gilets pare-balles  et  du matériel militaire. Ag Attaher a confié à RFI  que cela donnait l’impression d’une intervention anti-terroriste. L’ordre reçu  était de conduire le responsable touareg  dans les locaux de la gendarmerie. Il y était resté de 8h à 23 h avant d’être relâché pour rejoindre son domicile, selon ses propos.

Des mesures sécuritaires

En marge de cette interpellation, d’importantes mesures sécuritaires ont été prises au terme du conseil extraordinaire des ministres tenu ce même jour. Un conseil extraordinaire auquel ont participé les différents chefs de l’armée ainsi que Salif Diallo, président  du parlement burkinabè. Il s’agit dans un premier temps de la création d’un comité international qui devra faire des propositions en matière de stratégie de sécurité. Il est ensuite prévu l’opérationnalisation urgente de l’Agence nationale de renseignement créée sous la transition. Il est aussi envisagé le renforcement des contrôles aux frontières et dans les villes ainsi que le renforcement des mesures de sécurité dans les hôtels. Aussi  faudra-t-il réactiver la police de proximité et réinstaurer le couvre-feu de 23 h à 6 h du matin.

Même si l’interrogatoire du  numéro 2 du MNLA par les renseignements burkinabè n’a  pas donné grand-chose, selon l’interrogé, il convient de souligner que cela dénote de tout le sérieux avec lequel les nouvelles autorités ont pris la menace jihadiste dont le Faso a été la cible depuis le vendredi 15 janvier 2016. Il va falloir multiplier de telles opérations en direction de tous ces  rebelles maliens à savoir  le Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest(Mujao) et Ansar Dine qui circulent allègrement dans la capitale burkinabè. Peut-être ces initiatives conduiront à débusquer Moktar Belmoktar, premier responsable du groupe Al-Mourabitoune,  groupe terroriste auteur de l’attaque à Ouagadougou. Pour rappel, cette courte interpellation intervient quelques heures après l’attaque terroriste qui a visé le Splendid et le Cappuccino, un hôtel et un café-bar en plein centre de la capitale burkinabè dans la soirée du vendredi 15 janvier 2016. Revendiquée par  le groupe Al-Mourabitoune affilié à Al-Quaïda au Maghreb islamique(Aqmi), l’attaque a fait 29 morts, 156 blessés et d’importants dégâts matériels.

 Christophe SESSOU

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