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Lun, décembre

Bénin/Secteur cotonnier : En trois mois, Talon reconquiert son empire perdu

Economie
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Investi le 06 avril dernier, le président Patrice Talon vient de faire trois mois à la tête de l’Etat béninois. Depuis lors, beaucoup de décisions ont été prises. Mais pour de piètres résultats. Le seul secteur économique qui a le plus mobilisé Patrice Talon et son régime reste la filière coton. Sur ce terrain, 03 mois ont suffi pour que le magnat du coton reconquière son empire perdu.

06 avril 2016- 06 juillet 2016. Il y a environ 90 jours, le président Patrice Talon prêtait serment à Porto-Novo devant l’opinion nationale et internationale. A cette investiture, l’homme à qui la destinée des Béninois est confiée pour 5 ans, a promis tant de choses sur le plan économique. L’une de ses promesses est d’instituer « des corps de contrôle indépendants dont la mission principale sera de veiller à l’orthodoxie financière dans toutes les administrations, offices et sociétés d’Etat ». Là, rien n’a été fait à ce sujet. Le régime du nouveau départ s’est par contre, engagé dans une politique d’austérité marquée par la réduction drastique du train de vie de l’Etat avec comme corollaire la dissolution d’institutions jugées budgétivores. Il y a aussi l’adoption de nouveaux décrets d’AOF des ministères supprimant certains postes dans l’administration publique. Aussi, ont été supprimées les primes perçues au titre des commissions interministérielles en faveur des agents de l’Etat. Cette situation a non seulement créé des grincements de dents au niveau des agents « compressés » mais aussi et surtout beaucoup de désarroi chez le fonctionnaire béninois. Ces primes ayant été depuis toujours un complément  aux maigres salaires payés aux agents de l’Etat au Bénin. Le panier de la ménagère en a ressenti un coup dur.   Une autre promesse du président Talon est « la protection de l’initiative privée et du secteur privé en tant que principal outil de développement ». Le constat est que jusque-là , ce sont le GSPC et l’AIC, deux structures du magnat béninois du coton qui ont véritablement bénéficié de mesures d’accompagnement dans le cadre de la campagne cotonnière 2016-2017. Et parlant du coton, ce secteur est le seul à avoir englouti un investissement massif de la part du régime de la rupture. Environ 40 milliards ont été engloutis dans le secteur cotonnier en trois mois au moment où les autres filières telles l’anacarde, le maïs, le riz ou l’anacarde sont  délaissées. Une certaine opinion explique l’intérêt consacré au secteur cotonnier par le président Talon pour la simple raison que ses intérêts financiers se trouvent concentrés dans ce secteur. Bien sûr que les autres filières ont été évoquées dans le débat d’orientation budgétaire 2017 mais il faudra joindre l’acte à la parole.  Or, à l’occasion de son discours d’investiture il y a juste trois mois, Talon disait : « j’ai la conviction qu’à la faveur des réformes et mutations à opérer ainsi qu’aux moyens d’investissements pertinents, notre pays pourra s’élever au rang de puissance agricole régionale avec une grande capacité de production dans les secteurs de la production végétale, de l’élevage et de la pêche. C’est pourquoi, j’entends promouvoir davantage deux filières agricoles phares en y investissant massivement de façon à créer de véritables pôles de développement agricole et industriel ». Au niveau du secteur portuaire, pas grand-chose à se mettre sous les dents. Toutefois l’on retient que le dernier conseil des ministres a envisagé la création d’un bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC) pour plus d’efficacité. La dernière initiative en date est la mobilisation de 202 milliards de francs CFA par emprunts obligataires contre 150 milliards de franc CFA attendus. Un montant que le régime compte utiliser pour le paiement des dettes intérieures de l’Etat et pour des projets de développement au profit des communautés. Malgré ces initiatives, le pouvoir d’achat du Béninois moyens  est très faible. Il est à souhaiter que l’utilisation de ces fonds parvienne à avoir une incidence positive sur le panier de la ménagère surtout dans ce contexte de dépréciation du naira Nigéria qui paralyse les activités commerciales au Bénin.

 

Christophe SESSOU

 

 

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