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Mar, février

Football / Gabon 2017 : La CAN s'annonce sous haute tension socio-politique

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A quelques jours de l'ouverture de la CAN 2017 à Libreville, la capitale gabonaise, la grève générale déclenchée touche de nombreux secteurs d'activités au Gabon. Une atmosphère qui risque de perturber la grande messe footballistique continentale, prévue pour démarrer, le 14 janvier prochain.

Du 14 janvier au 5 février 2017, les supporteurs venus de l’Afrique entière vont s’installer au Gabon pour trois semaines et célébrer le sport-roi. Mais l’image d’un Gabon attaqué de toutes parts par un faisceau de crises (sociales, politiques, économiques, etc) et les manifestations contre l’organisation de cette compétition risquent de porter un coup dur au bon déroulement de cette fête continentale. Une atmosphère alourdie, il y a déjà quelques mois, par la réélection controversée du président Ali Bongo.

Le Gabon toujours embourbé dans une crise socio-politique aiguë 

L’ouverture de la billetterie s’est déroulée dans l’indifférence totale du peuple gabonais. Preuve que les citoyens ont leurs têtes ailleurs et ne comptent pas se laisser emballer par cet événement arraché presqu'au forceps par le régime Bongo fils. D’ailleurs, le non payement des arriérés de salaires des fonctionnaires d’Etat et la suppression des primes par le gouvernement alourdissent  le climat social, déjà marqué par une crise politique toujours profonde. A cela s’ajoute le tissu économique dégradant et le chômage qui prend de l'ampleur. « L'argent dépensé pour cette compétition (plus de 400 milliards de FCFA)   pouvait servir à régler beaucoup de problèmes dans le pays. Mais les dirigeants estiment que la CAN est au dessus des besoins du peuple. On en a pas besoin, il y a  plus important à faire. C'est bien la CAN, c'est la fête mais après ça sert à quoi ? », dénonce une citoyenne gabonaise jointe par nos soins. 

Des faits qui viennent conforter la position tranchée des deux opposants au régime Ali Bongo, Marc Ona Essangui et Laurent Duarte qui avaient demandé à la CAF le retrait de l’organisation au Gabon. « La répression sanguinaire contre le peuple et l'instabilité actuelle du pays imposent de transférer l'organisation de l'événement sportif majeur du continent vers un autre pays. (…) Sans réponse effective (de la CAF) à la date du 15 décembre inclus, nous appellerons les populations au boycott et au sabotage de cette CAN », avaient-ils prévenu.

Les yeux du monde entier braqués sur le Gabon

Tout le monde a intérêt à ce que la CAN  se déroule sans anicroches. Cependant, il revient au président Ali Bongo pour la bonne tenue de cette compétition continentale de trouver un terrain d’entente avec les différentes couches sociales. Ceci pour le bonheur de toute la famille africaine du football, connue pour sa ferveur pour la CAN.

Damien TOLOMISSI

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